Soyez très vigilent : la maladie du salarié, même de longue durée, n’est pas en soi un motif de licenciement. En décider autrement serait un acte clair de discrimination qui pourrait être très lourdement sanctionné par le Conseil de Prud’hommes.
Toutefois, si la maladie n’est pas un motif de licenciement, les perturbations (ou la désorganisation) engendrées par l’absence du salarié malade permet d’envisager un éventuel licenciement. Pour cela, deux conditions doivent être impérativement réunies :
Attention : ces conditions sont obligatoires et cumulatives. Ainsi, en l’absence de l’une de ces deux conditions, le licenciement sera reconnu sans cause réelle et sérieuse et l’employeur pourra être condamné à verser des dommages et intérêts au salarié.
Avant de prendre la décision de licencier un salarié absent, l’employeur devra donc au préalable répondre aux deux questions suivantes :
Le fonctionnement de mon entreprise est-il perturbé par l’absence du salarié ?
Pour déterminer le degré de perturbation lié à l’absence du salarié, il convient de réfléchir sur quatre points qui permettront d’identifier ou non l’existence d’une désorganisation au sein de l’entreprise :
Le remplacement du salarié absent est-il nécessaire ?
Tout comme la première question, il est nécessaire de prendre en considération plusieurs aspects afin de répondre à cette question :
Attention : lorsque le salarié était déjà remplacé par un intérimaire ou un CDD, l’entreprise devra apporter la preuve que la solution du remplacement temporaire n’est pas optimale et que l’entreprise doit remplacer ce salarié de manière définitive afin d’éviter toute nouvelle perturbation de son fonctionnement.
Clause de garantie d’emploi …
Avant toute prise de décision, il est fondamentale de vérifier les dispositions prévues dans ce cas dans la Convention collective applicable à l’entreprise.
Pour connaître la convention collective applicable à votre entreprise, vous pouvez vous référer aux informations du fichier ci-joint.
Certaines conventions collectives prévoient des clauses de garantie d’emploi destinées à garantir le maintien du salarié dans l’entreprise pendant une certaine période de maladie. Le licenciement est donc impossible (et sera automatiquement nul s’il est prononcé) pendant ce laps de temps.
Passé cette période, le licenciement pourra être prononcé si l’absence répond aux conditions générales vues précédemment.
Attention : en cas de clause de garantie de l’emploi et d’absence successive pour maladie, il n’est pas possible de cumuler les différentes absences pour considérer que la période de garantie de l’emploi est dépassée. En effet, les juges considèrent que pour dépasser cette période de garantie, il faut qu’au moins une absence soit plus longue que la durée de la garantie d’emploi, le cumul de plus courtes absences étant impossible.
… et procédure de licenciement
Une fois la décision prise de procéder à un licenciement, l’employeur doit suivre la procédure générale de licenciement avec une convocation du salarié à un entretien préalable où il lui sera notifié les motifs justifiant son licenciement (désorganisation,…), suivie de la notification par LRAR de son licenciement.
Important : si le salarié ne peut pas se déplacer physiquement à l’entretien préalable, celui-ci peut décider de se faire représenter, et d’ensuite communiquer ses observations à l’entreprise. Dans ce cas, l’entreprise devra laisser au salarié le temps de formuler ses observations avant de notifier le licenciement.
Pour plus d'informations sur la procédure de licenciement, référez vous à notre fiche pratique d'au coeur des RH.
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