Dans le cadre de sa dernière étude publiée le 13 janvier 2010, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a étudié la réduction du temps de travail dans dix pays ayant un PIB par habitant parmi les plus élevés (Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni et Suède). Les résultats de cette étude montrent une réduction de la durée du travail d’environ 25% en près de 60 ans, pour arriver à une durée moyenne annuelle de 1.620 heures travaillées en 2007.
La France se trouve en deçà de cette moyenne, mais elle n’est pas la seule. Avec 1.559 heures travaillées par an en 2007, elle se situe au dessus des Pays-Bas (1.413) et de l’Allemagne (1.432 heures), mais au-dessous de l’Italie (1.566), de la Suède (1.601) et du Royaume-Uni (1.607). Fermant la marche de ce classement, l’Espagne (1.775), le Japon (1.784), les Etats-Unis (1.785) et la République de Corée (2.165) sont loin derrière. Plusieurs facteurs ont contribué à cette baisse du temps de travail dans le monde, et notamment le développement du salariat, la diminution de la durée hebdomadaire collective de travail, l’augmentation du nombre de jours de congés et le développement du travail à temps partiel.
Les durées annuelles de travail

Mais la spécificité française ne réside pas dans ce seul chiffre. En effet, l’étude relève également que, depuis le début des années 2000, la baisse de la durée moyenne annuelle de travail en France est davantage « imputable à la réduction collective du temps de travail » (lois Robien et Aubry) qu’au développement du temps partiel.
C’est une différence notable par rapport aux autres pays étudiés, et en particulier l’Allemagne. « Globalement, la baisse de durée annuelle moyenne du travail est similaire en Allemagne et en France entre 1992 et 2006, soit environ 135 heures. Mais en Allemagne, elle s’explique principalement par la hausse du temps partiel ».

