S’il y a cinq ans, le stress était l’affaire de quelques passionnés, aujourd’hui il est devenu un phénomène dont le nom est connu du grand public. Des associations de dirigeants d’entreprise à l’image du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), des associations de Directeurs de Ressources Humaines comme l’Association Nationale des Directeurs de Ressources Humaines (ANDRH), des organisations syndicales, des partis politiques, des associations d’étudiants… s’intéressent au sujet, cherchent à comprendre d’où il provient et les moyens d’en annihiler la toxicité. Une véritable prise de conscience est en train de s’opérer.
Parallèlement, dans de nombreux pays, des recherches sont menées et permettent de mieux comprendre le lien entre le stress et certaines maladies, le rapport entre le niveau de stress et la performance, les moyens permettant de diminuer la toxicité du stress…
En février 2009, une étude menée par l’équipe de Sandy Westerheide, spécialiste en biologie moléculaire de l’Université Northwestern à Evanston, dans l’Illinois, montre que de toutes petites doses de stress ralentiraient le vieillissement.
Récemment, en janvier 2010, Mirjam Crhrist-Crain, professeur d’endocrinologie à Bâle, vient d’être récompensée par le Prix Latsis 2009 pour ses travaux dont certains portent sur l’importance du taux d’une hormone du stress, le cortisol, lorsque le patient est confronté à une infection pulmonaire grave. Il s’avère là encore que si un taux de cortisol élevé est de mauvais pronostic, un taux trop bas n’est pas non plus très bon… Il faut donc un taux de cortisol ni trop élevé, ni trop bas.
Que déduire de ces deux études ? Un taux trop élevé de cortisol est toujours néfaste. C’est ce qui explique la toxicité du stress actuellement où le nombre de sources est bien supérieur à ce que peut supporter notre organisme. A l’inverse, un taux trop bas de cortisol n’est pas non plus souhaitable. Les causes d’une telle situation sont, en dehors des maladies spécifiques, la prise au long cours de corticoïdes qui va venir freiner la sécrétion de cortisol au point de la bloquer définitivement. Mais, on peut aussi imaginer que cette situation s’opère quand une personne passe d’un état de stress chronique à un état de grande sérénité comme les vacances ou le départ à la retraite.
Un niveau de stress majeur est donc toxique de manière directe par l’excès de cortisol mais aussi de manière indirecte par l’insuffisance qui suivra lors de l’arrivée d’une période de repos. Voilà une raison supplémentaire de maintenir notre niveau de stress le plus bas possible.
A l’échelle de l’entreprise, le stress sera d’autant moins toxique que le management et l’organisation du travail seront vraiment pris en considération. Grâce à une étude canadienne, on sait que les encouragements diminuent le niveau de stress de plus de 30% chez l’homme et de plus de 40% chez la femme. L’intérêt porté au collectif de travail s’avère aussi très bénéfique.
Au plan individuel, on peut diminuer la toxicité du stress notamment en s’engageant dans une cause d’intérêt général. Hans Selye, l’homme qui a décrit le phénomène du stress en 1936, expliquait que l’un des traitements de celui-ci était « l’altruisme égoïste ». En une phrase, « quand on fait le bien, on se fait du bien ».
Ainsi, on se rend compte que si l’entreprise cultive avec intelligence les relations humaines, le niveau de stress est généralement bas. A l’échelle individuelle, on s’aperçoit que si l’individu cultive l’intelligence du cœur, son niveau de stress est là aussi plus bas. A croire que nous sommes faits pour vivre avec… Intelligence !
Auteur de « Le stress : nouvelles voies » - Editions de Fallois
Fondateur du « Cercle Stress-Info » : http://www.stress-info.org

