A l’heure où la crise économique continue d’aggraver la situation du chômage en France (+19.500 demandeurs de catégories A en janvier, soit +0,7% par rapport à décembre) et où le nombre de chômeurs arrivant en fin de droits cette année est estimé à 1.000.000 par Pôle emploi, des mesures viennent d’être annoncées la semaine dernière par le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez.
Interview de Laurent Wauquiez – Bourdin Direct – le 25.02.2010
S’exprimant sur BFMTV/RMC le 25 février 2010, ce dernier a assuré que « l’Etat et l’assurance-chômage vont dégager plusieurs centaines de millions d’euros » pour financer des mesures d’accompagnement qui devrait être opérationnelles d’ici fin mars. « Des gens nous attendent », a-t-il insisté.
Anticiper, former et aider
Alors qu’entre 350.000 et 400.000 personnes risquent de se retrouver sans revenu de remplacement d’ici la fin de l’année – ni allocation de solidarité spécifique (ASS), ni revenu de solidarité active (RSA) – Laurent Wauquiez a avancé différentes pistes d’actions, à commencer par une meilleure anticipation. « Il faut réagir avant que la personne se retrouve dans cette nasse du chômage de longue durée », a-t-il précisé.
En complément, le secrétaire d’Etat à l’Emploi préconise également de recourir à des formations rémunérées pour les demandeurs d’emploi afin de faciliter les reconversions des chômeurs de longue durée. « Quelqu’un qui ne trouve pas dans son domaine au bout d’un an, c’est que ce n’est pas le bon domaine, il faut l’aider à se reconvertir », a-t-il indiqué.
Enfin, il avance que l’aide aux chômeurs de longues durées doit passer par le recours aux contrats aidés. Selon lui, il faut s’appuyer sur « tout ce qui permet […] de recommencer à travailler, notamment des contrats aidés ».
Les syndicats veulent plus
Malgré la bonne volonté affichée du gouvernement, les syndicats doutent que ces mesures suffisent pour améliorer la situation de l’emploi. Face à l’urgence de la situation, la CGT demande un allongement exceptionnel de six mois de la durée d’indemnisation du chômage. « Cette mesure pourrait être financée en taxant le recours au travail précaire, qui constitue la première cause d’entrée au chômage », explique le syndicat dans un communiqué de presse.
En parallèle, la CGT et FO demande un assouplissement des conditions d’accès à l’ASS, afin qu’aucun demandeur d’emploi ne se retrouve sans revenu et qui « pourrait être financée, par exemple, en supprimant le bouclier fiscal et les mesures anachroniques des heures supplémentaires, qui plombent l’emploi ». De son côté, la CFDT demande également l’accès au RSA pour les chômeurs en fin de droit de moins de 25 ans.
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