Pour le huitième trimestre consécutif, la France a continué à détruire plus d’emploi qu’elle n’en a créé. Toutefois, cette dégradation s’est ralentie depuis un an selon les estimations publiées par L’INSEE lors de son « estimation flash ».
Selon l’INSEE, le nombre d’emplois salariés au premier trimestre est de 15.839.500, ce qui représente une baisse de 0.1% par rapport au dernier trimestre de 2009. Plus largement, cette baisse est de 1,3% sur un an, ce qui équivaut à quelques 210.000 emplois supprimées.
Malgré ces chiffres, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, a salué ce « ralentissement (…) qui, constitue un nouvel indicateur de stabilisation du marché du travail ». En effet, la situation semble se stabiliser, au regard des 9.700 postes supprimés au premier trimestre 2010 par rapport aux 158.300 du premier trimestre 2009.
Une stabilisation précaire grâce à l’emploi intérimaire
A l’instar de l’amélioration « timide » de l’emploi des cadres annoncée par l’Association Pour l’Emploi des Cadres (APEC), l’emploi intérimaire continue de progresser avec pas moins de 33.000 emplois salariés créés dans ce domaine au premier trimestre 2010. Il s’agit du troisième trimestre de hausse consécutif, avec, selon Pôle emploi, une progression de l’emploi intérimaire de 3,7% sur mars.
Cette stabilité semble toutefois fragile puisqu’elle repose en majeure partie sur l’emploi intérimaire, qui reste extrêmement précaire et facilement ajustable en cas de nouvelle récession. En effet, lorsque l’on s’intéresse aux chiffres de l’emploi, on remarque que les secteurs tels que la construction (perte de près de 11.000 poste sur les trois dernier mois) ou l’industrie (29.100 emplis détruits pour le début 2010) suppriment plus d’emplois qu’elles n’en offrent.
Les chiffres annoncés par l’INSEE pourraient faire l’objet d’une révision le 10 juin prochain. Ce sera l’occasion de voir si cette stabilité précaire perdure.


Vos réactions
1 CommentairePrendre en compte l'emploi intérim -emploi précaire par définition donnée par l'Etat- c'est un peu se moquer du monde; alors que l'Etat (encore lui) "souhaiterait (soi-disant?) un emploi stable pour tout le monde...
Depuis quand considère t'on qu'un emploi en intérim est un réel emploi alors que chaque fin de mission c'est la même galère qui recommence, et que certains se demandent chaque fin de mois s'ils auront du travail le mois suivant? COmment peut-on considérer comme un emploi la pauvre mission d'une semaine dans l'industrie pour remplacer un arrêt maladie?
Pourquoi ne pas prendre aussi en compte carrément le travail au noir ! encore heureux qu'on arrive pas à le quantifier.
En gros, ce genre d'annonce de chiffres, ce n'est ni plus ni moins qu'une façon de faire croire au gens que les choses sont moins pires qu'en réalité.