Dans le cadre de sa dernière étude publié le 24 février 2010, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a étudié les écarts de salaire entre les hommes et les femmes en fonction de leur niveau d’étude. Selon les résultats de cette étude, les femmes connaissent moins le chômage que les hommes en début de carrière, mais bien que plus diplômées, elles sont aussi moins bien payées.
Un niveau de formation plus élevé
Depuis 25 ans, les femmes ne cessent de creuser l’écart avec les hommes en matière d’études. Alors qu’en 1984, seulement 19 % des garçons et 20 % des filles possédaient un diplôme de l’enseignement supérieur, en 2008, 37% des garçons sont ainsi diplômés, contre 51 % des filles. A ce titre, le niveau de formation des filles a plus progressé, comme l’illustre le graphique ci-dessous :

Parallèlement, les jeunes femmes sont de moins en moins nombreuses à débuter sur le marché du travail sans aucun diplôme. En 2008, 12 % des jeunes femmes sont sans diplôme contre 16 % en 1999. En revanche, la situation est différente chez les jeunes hommes, dont 19 % débutent leur vie active sans diplôme, un chiffre constant depuis 1999.
En raison de leur meilleur niveau de formation, les femmes en début de carrière subissent moins le chômage que les hommes, mais se retrouvent « plus souvent en situation de sous-emploi », explique l’INSEE. En effet, parmi les jeunes femmes sans diplôme ou titulaire d’un BEP/CAP, un tiers travaille à temps partiel. C’est pourquoi, en 2008, 11 % des débutantes occupant un emploi souhaitaient travailler davantage contre seulement 4 % des débutants.
Des écarts de salaires qui s’expliquent par le temps partiel et l’orientation
Malgré ce niveau de formation plus élevé, les femmes sont tout de même moins bien payées que les hommes. Pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10% à ceux des femmes (1.380 euros par mois pour les hommes, toutes primes comprises, contre 1.260 euros pour les femmes).
Ces écarts de salaires sont les plus importants aux deux extrémités de l’échelle des diplômes. Entre 2003 et 2008, les hommes non diplômes gagnaient en moyenne 23% de plus que femmes en début de vie active. De la même façon, chez les diplômés du supérieur long, cet écart était de 21%. En revanche, parmi les titulaires d’un diplôme de niveau bac + 2, cet écart n’est que de 7 %.
Plus fréquent chez les femmes, le temps partiel explique en « grande partie » ces écarts de salaires en début de vie active, selon l’INSEE. Une femme sur cinq travaille à temps partiel contre seulement un homme sur quinze.
Par ailleurs, un autre élément doit aussi être pris en compte : l’orientation. Pendant leurs études, les femmes s’orientent davantage vers des domaines d’activité moins rémunérateurs, tels que les sciences humaines et sociales et les services, alors qu’à l’inverse, les hommes choisissent davantage les domaines de la production et des sciences exactes et naturelles, qui conduisent en général à une meilleure insertion professionnelle.
Par conséquent, l’orientation choisie par les femmes tend à les fragiliser à la fois au niveau de leur rémunération et de leur insertion professionnelle.
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