Un million de demandeurs d’emploi vont perdre leurs droits à l’assurance chômage en 2010 selon une note de synthèse de la Direction des Statistiques, Enquêtes et Prévisions de Pôle emploi, soit une progression d’environ 18% par rapport à 2009. Parmi eux, environ 600.000 bénéficieront d’aides et de prestations diverses (ASS, RSA, ARE…), alors que plus de 400.000 demandeurs d’emploi verront leur sort remis au seul soutien familial, entraînant un accroissement sensible de la pauvreté en France.
Parmi les bénéficiaires d’aides, près de 170.000 pourraient continuer à percevoir une indemnisation au titre de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et environ 220.000 pourraient bénéficier du revenu de solidarité active (RSA), selon les prévisions de Pôle emploi. Par ailleurs, environ 100.000 personnes bénéficieraient de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) « après s’être ouvert de nouveaux droits à l’Assurance chômage (par le biais de l’activité réduite ou par la reprise d’un emploi court) ». Enfin, 10.000 atteindraient l’âge de la retraite alors que 90.000 autres sortiraient des listes suite à une reprise d’activité.

Cette situation préoccupe évidemment les syndicats. « Il y a urgence sur les fins de droit dont le nombre est en train de monter en flèche, et l’Etat est concerné » a déclaré Stéphane Lardy, secrétaire confédéral de FO et négociateur au sein du groupe de travail sur les chômeurs en fin de droit, dans le cadre de la négociation patronat-syndicats sur la gestion sociale des conséquences de la crise économique sur l’emploi. Pour faire face, FO réclame une prolongation temporaire des indemnisations chômage, la revalorisation de 10% de l’ASS, ainsi qu’un meilleur accès à ces dernières qui ne concernent actuellement que 20% des chômeurs.
Du côté patronal, l’urgence semble moins patente. Le DRH du groupe Safran et chef de file de la délégation Medef, Dominique Castéra se dit « conscient que c’est un vrai sujet, mais il nous faut plus d’éléments pour y réfléchir ». Il est vrai que la solidarité demandée par les syndicats de salariés a un coût très important dans ce contexte de crise. Le coût estimé d’une prolongation de l’indemnisation de façon dégressive sur trois mois coûterait plus d’un milliard d’euros à l’assurance chômage, selon les estimations de Pôle emploi.
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