Malgré une unité affichée pour les manifestations du mardi 7 septembre, chaque organisation syndicale défend sa propre vision de la réforme des retraites ainsi que son propre but. Quels sont les objectifs des cinq centrales syndicales ?
La CFDT, opposée à la réforme, reste ouverte à la négociation
En continuité avec l’esprit de la réforme des retraites de 2003 (qu’elle était la seule à signer côté syndicat de salariés), la centrale réformiste souhaite avant tout une refonte totale du texte. En effet, la CFDT a présenté au gouvernement son propre projet axé sur le maintien des bornes de 60 et 65 ans.
Toutefois, l’objectif de la centrale est également selon François Chérèque « à tous le moins de faire modifier ce que l’on pourra modifier » (Interview du 02/09/2010 au Monde), avec en priorité les questions des carrières longues et de la pénibilité.
La CGT entend faire plier le gouvernement
Très attachée au maintien des bornes à 60 et 65 ans, la CGT insiste également pour que la question de la pénibilité revienne au centre des débats.
Elle dénonce une réforme injuste qui fait peser l’effort financier sur les seuls salariés. Elle demande donc une refonte totale du texte basée sur une hausse des cotisations patronales et une remise à plat des différentes exonérations.
Pour son secrétaire général, Bernard Thibault, la CGT est décidée à luter jusqu’au bout contre la réforme des retraites.
FO demande le retrait total du texte
Centrale la plus radicale (avec Solidaires), Force ouvrière exige le retrait complet du projet de loi. FO prône donc un maintien du système actuel prévoyant 40,5 ans de cotisations. En effet, selon l’organisation syndicale, un équilibre financier peut être trouvé sans augmenter la durée de cotisation des salariés. Celle-ci passerait par une taxation accrue des bénéfices et du capital.
LA CFTC milite pour une augmentation des contributions sociales
A l’instar de la CFDT et, dans une moindre mesure, la CGT, la centrale chrétienne demande le maintien du système actuel concernant les bornes de 60 et 65 ans. De plus, elle entend proposer au gouvernement une retraite personnalisée en prenant en compte la longueur de la carrière des salariés, ainsi que la pénibilité de leur métier.
Enfin, la CFTC prône une réforme des retraites élargissant l’assiette de cotisations à certains revenus tels que les stock-options, l’intéressement ou la participation, ainsi que sur une hausse de la CSG.
La CGC, légèrement en retrait, espère obtenir quelques avancées pour les cadres
De son côté, la CFE-CGC de Bernard Van Craeynest est la centrale syndicale la moins opposée à la réforme des retraites, notamment en raison du fait que le report de l’âge de la retraite emporte moins d’incidence pour les cadres que pour les autres catégories de salariés.
Toutefois, dans le but d’obtenir quelques « gestes » de la part du gouvernement, ainsi que pour ne pas s’isoler des autres centrales, la CGC a décidé de rejoindre l’intersyndicale. Elle demande que le projet de loi actuel soit modifié pour prendre en compte les années d’études dans le calcul de la retraite et la reconnaissance des risques psychologiques dans les facteurs de pénibilité.
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