A peine un salarié sur deux a bénéficié d’une formation au cours des trois dernières années, selon la dernière enquête de l’Observatoire Cegos publiée ce 24 novembre 2009. Réalisée entre septembre et octobre 2009 auprès de 320 DRH et Responsables de Formation (RF) et d’un échantillon national représentatif de 801 salariés, cette étude analyse les évolutions de la formation professionnelle en France. Elle illustre une nouvelle fois les inégalités existantes en matière d’accès à la formation et met en avant la lente intégration du Droit Individuel à la formation (DIF).
Des attentes importantes vis-à-vis de la formation…
Selon l’étude, les attentes des salariés et des DRH divergent en matière de formation. Si les salariés y voient avant tout un moyen d’évoluer professionnellement (93%) et donc d’améliorer leurs revenus (90%), les DRH, quant à eux pensent davantage la formation comme un moyen d’adapter les salariés aux exigences de leur poste (95%) et de maintenir leur employabilité (94%). Par ailleurs, DRH et salariés ne partagent pas non plus le même avis sur les domaines de formation prioritaires. Alors que les salariés se focalisent sur les savoir-faire métier (55%), les DRH souhaitent avant tout que leurs collaborateurs se forment aux compétences comportementales et transverses (67%), comme l’indique le schéma ci-dessous :
… mais un accès toujours très inégal
Malgré la réforme de la formation professionnelle de 2004, dont l’objectif était de démocratiser l’accès à la formation professionnelle, aujourd’hui encore, plus d’un salarié sur deux (52%) affirme n’avoir bénéficié d’aucune formation depuis trois ans Les plus touchés sont ceux des petites entreprises avec 67% des salariés interrogés qui affirment n’avoir reçu aucune formation au cours de ces trois dernières années, contre 37% dans les entreprises de plus de 2000 salariés. De même, les ouvriers (68%) ont moins accès à la formation professionnelle que les employés (44%), les agents de maîtrise (54%) ou encore les cadres (63%). En revanche, la Cegos précise qu’il n’y a pas d’inégalités hommes/femmes sur ce sujet.
Le DIF prend son essor mais les malentendus persistent
Le dispositif semble désormais mieux connu des salariés, puisque 49% d’entre eux déclarent en connaître au moins les grandes lignes, soit une augmentation de 6 points par rapport à l’étude menée en 2008. De plus, les salariés semblent apprécier ce dispositif qui prend peu à peu son essor : 82% des salariés le qualifient « d’intéressant » voire de « très intéressant », et deux fois plus de salariés qu’en 2008 ont l’intention de demander à l’utiliser en 2009 (32%). L’étude montre également une augmentation de la durée moyenne des DIF acceptés à 26 heures en 2009, contre 18 heures en 2008, soit une augmentation de la durée moyenne des DIF de plus de 40% en un an.
Pour les DRH, le DIF représente à 73% un levier de dialogue constructif avec les salariés, alors que 53% y voient un moyen de sécuriser les parcours professionnels des salariés, et que 35% le définissent comme une source de frustrations et de contentieux, ou comme un facteur inquiétant de dérive du budget formation. Ceci explique pourquoi peu de DRH l’ont véritablement intégré à leur stratégie de formation : 45% des décisions sont prises au cas par cas.
Enfin, l’étude montre clairement que les DRH et les salariés n’accordent pas la même place au DIF : les premiers y voient avant tout le moyen de dispenser des formations sur des compétences transversales (langue, bureautique…) tandis que les seconds y voient des formations sur des compétences liées à leurs métiers actuels et futurs, comme le montre le schéma ci-dessous :
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