Les nouvelles générations de salariés (« Digital Natives ou génération numérique) sont une énigme inquiétante pour les directions des ressources humaines. Ayant des comportements étonnants et parfois déroutants, l’étude GENE-TIC dresse un panorama des comportements, usages et opinions de cette génération.
Menée par l’institut BVA, l’étude GENE-TIC s’est penchée sur les jeunes de 18 à 24 ans. Issus de la génération numérique, ces derniers ont la particularité d’avoir grandi avec les nouvelles technologies (ordinateur, portable, Internet, etc.) et arrivent désormais à l’âge adulte. Aujourd’hui, ils intègrent leurs premiers postes, mais cette « immersion dans le monde de l’entreprise est un choc pour le digital native », précise l’étude.
Pour le digital native, « l’entreprise, déjà suspecte de s’accaparer la richesse produite par ses salariés, devient le lieu de tous les arbitraires » : un cadre horaire imposé ou inflexible, des exigences de reporting trop fréquent, des décisions arbitraires, sans explications de leurs motifs, des écarts du droit du travail sans compensations (horaires ou financement), des humiliations publiques (critiques négatives non constructives, réprimandes devant les collègues, ton impératif…).
Les caractéristiques professionnelles des digital natives
Les nouvelles générations s’inscrivent dans « un rapport au temps et à l’espace qui casse toutes les règles des générations précédentes », précise l’étude. Ses relations avec les autres sont basées sur une joignabilité permanente et une immédiateté des échanges. Cette influence du numérique modifie ses repères : « l’individu numérique déteste les temps morts et l’inactivité et comble ces vides par une hyperactivité numérique », précise l’étude.
Dans son environnement professionnel, il cherche à contourner les problèmes. « Evitant au maximum l’affrontement, il présuppose que, comme sur Google, il y a toujours une solutions au problème, parfois radicale : il n’est pas satisfait de son travail il arrête… », souligne l’étude. Par ailleurs, le digital native est défiant vis-à-vis de l’autorité. Il respecte la compétence mais pas l’autorité liée à la hiérarchie ou à l’âge. Il n’a que faire des dimensions statutaires.
Dans un contexte de l’emploi marqué par une réduction des salaires, la généralisation des indemnités de stage, la précarisation des emplois et le manque d’offres, « les jeunes numériques sont devenus très pragmatiques, voire cyniques face à la relation à l’entreprise », indique BVA.
En découlent une évolution de la relation de travail. Alors que la perte de confiance dans l’entreprise est généralisée (phénomène qui n’est pas propre à cette génération, mais à une époque), les digital natives envisagent les promesses de l’entreprise avec beaucoup de détachement.
Lors des recrutements, la négociation est désormais plus concrète, plus pratique. En effet, l’employeur doit aussi justifier d’un ensemble d’atouts « tangibles et immédiats » : les avantages en nature, la protection sociale, la politique de congés et de RTT, les horaires, l’ambiance, les programmes de formation…
De fait, la question qui se pose est de savoir comment motiver ces salariés ? La réponse est donnée par l’étude GENE-TIC, qui précise que « la génération numérique ressort comme une génération de communicants dont les besoins relationnels dictent en grande partie leur motivation et leur implication au travail :
Selon Edouard Le Maréchal, Directeur des études qualitatives de BVA, l’intégration des générations numériques nécessite « de revoir l’organisation du travail elle-même : les capacités cognitives, le mode de production du jeune numérique multitâche et hyperréactif ne peuvent se satisfaire d’un modèle fondé sur la parcellisation des tâches, le double contrôle et la production linéaire ».
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