Les chances d’obtenir un travail ou un logement, ou tout simplement un service auquel on a droit, varient selon le sexe, la situation de famille, l’origine, l’apparence physique… A ce titre, une récente enquête de l’Institut National des Etudes Démographiques (INED) montre que 40 % des victimes ayant déclaré une discrimination sont immigrées ou enfants d’immigrés.
Réalisée entre septembre 2008 et février 2009 auprès de 22.000 personnes âgées de 18 à 50 ans et vivant dans un « ménage ordinaire en France métropolitaine », l’enquête Trajectoires et Origines (TeO) menée par l’INED cherche à analyser les expériences vécues par les victimes de discrimination ainsi que les motifs qui y sont associés. Pour cela, le phénomène de discrimination est mesuré « du point de vue de celles et ceux qui le subissent », précise les auteurs de l’étude.
Globalement, un peu moins de 14 % des personnes interrogées déclarent avoir vécu des discriminations au cour des cinq dernières années, quel que soit le motif (sexiste, raciste, homophobe, lié à l’âge, à la religion ou à l’état de santé), le lieu ou les circonstances (travail, logement, établissement scolaire, espace public).
Les Français qui ne sont ni immigrés ni fils ou fille d’immigrés sont 10 % à en déclarer, contre 24 % des fils ou fille d’immigrés et 26 % des immigrés, « soit une incidence deux fois et demie plus élevée » dans ces deux dernières catégories. Les motifs cités sont d’abord l’origine (ou la nationalité) et la couleur de peau, suivi du sexe et de l’âge.
Malgré tout, les victimes mènent assez peu de recours. Ainsi, seules 13 % des personnes ayant déclaré avoir subi une discrimination ont entrepris une démarche auprès d’un commissariat, d’une association, d’un syndicat ou de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).
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