La crise constitue un facteur aggravant pour le risque de fraude, en raison de l’augmentation des pressions sur les personnes et des réductions du personnel en charge des contrôles. Résultat : 43 % des entreprises interrogées dans le monde constatent un plus grand nombre de fraudes sur l’année 2009, notamment commises par le « middle management » au sein des entreprises.
Une grande entreprise sur deux est touchée par la fraude dans le monde, selon la cinquième édition de l’étude mondiale sur la fraude dans les entreprises menée par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) en 2009. Menée auprès de plus de 3.000 entreprises réparties dans 44 pays, cette étude montre l’impact de la crise sur l’augmentation des fraudes en entreprise : détournements d’actifs, fraudes comptables, corruption …
Quel est le profil du fraudeur ?
Les entreprise ayant été victimes d’au moins une fraude au cours des douze derniers mois ont indiqué que 53 % des fraudes avaient été commises par des fraudeurs internes, contre 44 % par des fraudeurs externes et 3 % par des autres tiers.
Selon l’étude PwC, le profil du fraudeur évolue vers le « middle management », qui est responsable à lui seul de 42 % des fraudes commises en interne en 2009. Cette situation s’explique par le fait que ces managers connaissent bien les systèmes et procédures, ce qui leur permet de les contourner plus facilement s’ils veulent commettre une fraude.

Pourquoi fraude-t-il ?
40 % des entreprises dans le monde considèrent que la crise économique actuelle crée un climat propice à l’augmentation de la fraude (35 % en France). Cette évolution semble pouvoir s’expliquer grâce aux travaux du sociologue américain, Donald Cressey. Selon ce dernier, il existe trois points communs aux fraudes qu’il a étudié :


Quelles sont les entreprises les plus touchées ?
L’étude met en évidence une corrélation importante entre la taille de l’entreprise et l’occurrence de fraude. En effet, il apparaît que les entreprises de plus de 1.000 salariés sont les plus nombreuses à avoir déclaré une fraude au cours des 12 derniers mois (46 %). A contrario, les entreprises de taille plus petite semblent moins exposées (26 % des entreprises dont les effectifs sont compris entre 201 et 1.000 salariés et 15 % des entreprises de moins de 200 salariés).

Cependant, ces résultats doivent être mis en relation avec certains éléments. Les grandes entreprises semblent plus touchées par la fraude car leur fonctionnement est complexe et les failles sont potentiellement plus nombreuses, mais également car ces structures sont dotées d’outils de détection plus performants dans la détection des fraudes.
Combien coûte la fraude ?
Le coût moyen direct de la fraude est très difficile à évaluer sachant que les contextes, les techniques et les conséquences des fraudes sont très diverses. Cependant, il apparaît que le coût des fraudes comptables est en moyenne plus élevé que celui des détournements d’actifs : les fraudes comptables ont coûté plus d’un million de dollars dans 25 % des cas reportés alors que ce chiffre n’est que de 17 % en ce qui concerne les détournements d’actifs.
Mais au-delà du coût direct, la découverte d’une fraude peut avoir des conséquences importantes sur l’entreprise. Ainsi, cette dernière peut être affectée au niveau de sa réputation, de son image, de sa marque, de son cours de bourse, des relations d’affaires… Par ailleurs, l’étude PwC relève que « la plus forte incidence porte sur le moral des employés dans 32 % des cas ».
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