Les contributions de retraite et prévoyance ne sont exonérées de cotisations sociales et d’impôts sur le revenu que dans certaines limites. Lorsque ces limites sont dépassées, les gestionnaires de paie doivent calculer les excédents avant de les réintégrer dans les cotisations URSSAF, Pôle emploi, retraite et dans le net imposable des salariés. Le moment idéal pour procéder à ce contrôle et réintégrer les éventuels excédents est la dernière paye de l’année.
Régime social des excédents de contributions patronales de retraite et de prévoyance
Les cotisations patronales aux régimes de retraite complémentaire légalement obligatoire (AGIRC et ARRCO par exemple) sont exonérées de cotisations, CSG et CRDS sans aucune limite. Quant aux cotisations patronales aux régimes de retraite supplémentaire et aux régimes de prévoyance complémentaire, celles-ci sont exonérées de cotisations dans la limite de certains plafonds dès lors que :
Pour chaque salarié, la limite d’exonération pour les cotisations patronales versées à des régimes de retraite supplémentaire est la plus élevée des deux limites suivantes :
La limite d’exonération des cotisations patronales versées à des régimes complémentaires de prévoyance collective et obligatoire est de 6 % du PASS (soit 2077,20 euros pour 2010) + 1,5 % de la rémunération annuelle brute, cette somme ne pouvant dépasser 12 % du PASS (soit 4 154,40 euros pour 2010).
Avec le nouveau régime, le montant de la réintégration est non seulement soumis aux cotisations de sécurité sociale mais aussi soumis aux cotisations de retraite complémentaire ARCCO et AGIRC. Les excédents ne sont pas soumis à CSG/CRDS.
Exemple : Un salarié cadre à une rémunération égale à 187 265 euros en 2010.
Total des cotisations patronales de retraite complémentaire obligatoire (sans l’APEC) : 23 041, 79 €
Total des cotisations patronales de retraite supplémentaire : 11 586, 24 €
Total des cotisations patronales de prévoyance décès et santé : 3 627, 12 €
Calcul des seuils d’exonérations :
La réintégration sociale de ce salarié soumis à cotisations sociales de sécurité sociale et retraite est de 2 222,99 euros pour l’année 2010.
Régime fiscal des excédents de contributions patronales de retraite et de prévoyance
Les cotisations versées aux régimes légalement obligatoires (ARRCO, AGIRC) sont déductibles, sans limitation de montant.
Pour bénéficier de l’exonération fiscale, les cotisations patronales et salariales doivent financer un régime de retraite :
La limite d’exonération pour les cotisations tant salariales que patronales versées à des régimes de retraite supplémentaire est de 8 % de la rémunération annuelle brute à concurrence de 8 fois le PASS.
La limite d’exonération des cotisations tant salariales que patronales versées à des régimes complémentaires de prévoyance est de 7 % du PASS + 3 % de la rémunération annuelle brute, cette somme ne pouvant dépasser 3 % de 8 fois le PASS.
Les éventuels excédents de cotisations de retraite supplémentaire et/ou de prévoyance complémentaire constituent un revenu à inclure dans le net imposable du salarié. Cet excédent doit être ventilé entre la part patronale et la part salariale des cotisations. En pratique :
Exemple : Un salarié cadre à une rémunération égale à 160 000 euros en 2010.
Total des cotisations de retraite supplémentaire :
Total des cotisations de prévoyance décès et santé :
Calcul des seuils d’exonérations :
Le salarié aura donc une réintégration fiscale de 169,16 euros (part salariale) et 869,96 euros (part patronale) pour l’année 2010.
Pour en savoir plus :


Vos réactions
3 CommentairesBonjour,
Je viens de lire avec grand intérêt l'article sur la réintégration des excédents de contribution patronale.
Mais qu'en est-il du formalisme de cette réintégration sur le bulletin de paie.
Doit-on la considérer comme un élement ajouté au salaire brut ou simplement compléter les bases de cotisations de ce montant sans autre précision ?
Je pencherais pour la seconde solution.
Qu'en pensez-vous ?
Merci
Bonjour Danielle,
Merci pour votre lecture.
Concernant le formalisme de cette réintégration, voici la manière de procéder :
Réintégration sociale : Vous devez ajouter le montant calculé dans la base de cotisation (et non pas dans le brut car ce n'est pas une somme que nous versons au salarié).
Ce montant doit venir grossir la base de cotisation Urssaf, Pôle Emploi, retraite ainsi que les taxes parafiscales..
Attention, ce montant ne doit pas impacter les bases de prévoyance ou de retraite surcomplémentaire (sinon, "c'est le chat qui se mort la queue").
Réintégration fiscale : Vous devez indiquer ce montant au dessus du net imposable (afin que le montant soit imposé) puis le soustraire en dessous (car ce montant ne doit pas être versé au salarié).
J'espère avoir répondu à vos attentes. Sinon n'hésitez pas à me solliciter à nouveau.
Bonne soirée
Bonjour, c'est avec beaucoup d'interet que j'ai lu votre article concernant la reintegration des excédents pour l'article 83 j'aurai cependant une question à poser. Le salarié concerné est pdg et son salaire annuel dépasse le plafond SS sans la réintegration art 83 qui s'éléve à 1420 € à quelles bases dois je rajouter la somme de 1420? pour moi, je ferai grossir la base cotisation sur totalité pour urssaf retraite sauf art 83 et prévoyance et les bases TB sans mofifier les bases TA qui atteignent le plafond de l'année.Ai-je raison? merci de votre réponse