Véritable défi social de l’année 2010, le dossier des retraites sera finalement géré par Eric Woerth, qui succède à Xavier Darcos au ministère du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique. À 54 ans, ce diplômé d’HEC est connu pour être un homme de chiffres dont la culture est de « faire mieux, avec moins ». C’est la raison pour laquelle, les organisations syndicales ont immédiatement réagi à sa nomination.
« J’espère que nous aurons un ministre et non des ordinateurs de Bercy comme interlocuteur » a indiqué le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Selon lui, « M. Woerth est pour l’instant réputé comme le fondateur de la Révision générale des politiques publiques, de la baisse des effectifs de la fonction publique, du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, ce qui entraîne de lourds contentieux dans l’ensemble des services publics… ».
De son côté, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque a indiqué sur France 2 que « si M. Woerth fait la réforme de la retraite comme il a fait la réforme de l’Etat uniquement avec des objectifs financiers et qu’il ne tient pas compte des éléments d’égalité, ça augure de lendemains difficiles ».
« Le signe qui est donné c’est que c’est la quatrième fois qu’on change de ministre du Travail en trois ans. Pour un président de la République qui avait fait de la valeur travail sa priorité des priorités, j’ai l’impression qu’il néglige une petit peu le travail […] Il considère le ministère du Travail comme un petit ministère technique où on peut changer de ministre tous les six mois. Ce n’est pas bon quand il n’y a pas de stabilité dans les politiques », a-t-il déploré.
Quoi qu’il en soit, ce mini remaniement semble être le signe que le président de la République est bien décidé à aller jusqu’au bout sur ce chantier explosif…
Pour en savoir plus :


Vos réactions
1 CommentaireJean-Claude Mailly (secrétaire général de FO) s'est exprimé ce matin sur LCI. Il a estimé que Eric Woerth est "rigoureux et même rigoriste [...] ce qui n'est pas obligatoirement bon signe", avant d'ajouter "ce qui m'intéresse, c'est quelle est sa vision du dossier". Si la seule solution proposée est de bosser plus longtemps, "ça va être le clash", a-t-il ajouté. Les négociations promettent donc d'être musclées !