La pénibilité est l’épineux volet de la réforme des retraites 2010. A quelques jours d’une forte mobilisation sociale contre cette réforme, le ministre du Travail envisage de lâcher du lest en considérant le cas des salariés ayant eu « une vie professionnelle très usante, sans que cela soit médicalement constatable au moment où ils partent à la retraite ».
Dans un entretien accordé au Figaro, le ministre du Travail, Eric Woerth, semble prêt à faire des concessions sur la question de la pénibilité. Alors que dans l’état actuel du texte, seules les personnes ayant un taux d’incapacité d’au moins 20 % auraient le droit de liquider leurs droits à la retraite à 60 ans, le ministre envisage de mieux répondre aux situations de « pénibilité à effet différée ».
En effet, face à la mobilisation en préparation du 7 septembre 2010 et face à la colère des associations d’accidentés du travail sur cette question, le ministre du Travail a reconnu qu’il fallait « regarder s’il n’est pas possible de mieux répondre aux […] cas des salariés qui ont eu une vie professionnelle très usante, sans que cela soit médicalement constatable ».
Cette piste ouvrirait alors la voie à une pénibilité fondée non pas sur le certificat médical, mais par type de métier, comme le réclament les syndicats. Toutefois, ces derniers ne crient pas victoire trop vite et restent concentrés sur la mobilisation du 7 septembre. De son côté, le Medef, bien que vivement opposé à de telles mesures, reste silencieux sur la question de la pénibilité.
Par contre, le ministre du Travail rappelle qu’il n’est pas question de négocier sur l’âge légal de départ, qui devrait être porté à 62 ans d’ici 2018. Selon celui-ci, « augmenter à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite c’est retenir un âge de raison, en tirant les conséquences du fait qu’on vit plus longtemps ». Par ailleurs, il précise également que les dispositifs pénibilité et carrières longues permettront à 100.000 personnes de prendre leur retraite à 60 ans, sur les 700.000 partant à la retraite chaque année.
Pour en savoir plus :

