Le ministre du Travail, Eric Woerth, a présenté les grandes orientations de la réforme des retraites pour 2010. Présentées le 16 juin 2010 à l’occasion d’une conférence de presse, ces orientations ont suscité de vives réactions chez les partenaires sociaux. Entre total désaccord, incompréhension et indignation, voici les réactions de l’ensemble des partenaires sociaux concernant la réforme des retraites 2010.
Après une phase de consultation des partenaires sociaux entamée début avril, Eric Woerth a présenté hier l’ensemble de sa réforme du système de retraite pour 2010. Au cœur de cette réforme : le report de l’âge légal du départ à la retraite qui passera de 60 à 62 ans, la retraite des fonctionnaires, la taxation des hauts revenus et des stock-options, etc.
Face à cette réforme importante et aux différentes dispositions avancées par le ministre du Travail, patronat et syndicats ont tous réagi. « Injuste », « inefficace », « inacceptable », « nécessaire », « équitable », « brutale », etc. cette réforme a fait couler beaucoup d’encre. Tour d’horizon des réactions syndicales en date du 16 juin 2010.
Le Medef « estime qu’un pas important a été franchi par la décision de relèvement des bornes d’âge de départ à la retraite ». L’organisation patronale considère que le rythme de relèvement choisi par le gouvernement est opportun et va dans le sens d’une solution durable. Toutefois, le Medef craint qu’un certain nombre de mesures portent « atteinte à la compétitivité des entreprises ». Sont notamment concernées l’annualisation des allègements de charges - « mesure très dommageable pour toutes les entreprises de main d’œuvre » -, l’augmentation des taxes pesant sur l’épargne et le redéploiement des cotisations chômage vers l’assurance vieillesse.
De son côté, la CGPME salue la convergence entre les régimes public et privé, bien qu’elle regrette que l’alignement du taux de cotisation du public sur le privé ne soit effectif que dans 10 ans. Elle apprécie particulièrement l’annonce de la mise en place d’allègements de charges ciblés visant à favoriser l’emploi des seniors, sous réserve d’emploi en CDI ou en CDD de plus de 6 mois, ainsi que les aides au financement du tutorat. En revanche, à l’instar du Medef, la CGPME regrette également « l’annualisation du calcul des allègements de charges », qui représente « une véritable catastrophe pour l’emploi et la compétitivité des entreprises ».
Toujours côté patronat, l’UPA estime « pas acceptable que les poly-pensionnés qui ont cotisé à différents régimes de retraite (régime général, RSI, MSA…) soient pénalisés dans le calcul de leurs droits ». Par ailleurs, l’UPA regrette le choix du gouvernement d’annualiser les exonérations de charges, qui est « de nature à limiter la création d’emploi et à alourdir la charge administrative des entreprises ».
En définitive, le patronat juge la réforme des retraites 2010 équilibrée. Bien que les exonérations de charges soient dans la ligne de mire du gouvernement, toutes les organisations patronales se satisfont de l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite. Le son de cloche est radicalement différent chez les syndicats de salariés, qui dénoncent une réforme « brutale » et « injuste ».
La CGT ne se retrouve pas du tout dans l’actuel projet du gouvernement et propose « de réécrire le texte en prenant compte de ce que disent les organisations syndicales ». En effet, malgré les consultations, la CGT estime que le projet de réforme est « une injustice flagrante […] les mesures qui seraient imposées aux salariés seraient de l’ordre de 22,6 milliards d’euros alors que les mesures demandées aux ménages plus aisés et aux entreprises seraient de l’ordre de 4,4 milliards ».
La CFDT partage en partie ce constat. Elle dénonce un projet de réforme injuste « essentiellement à la charge des salariés », qui « ne vise que le court terme et ne règle pas les problèmes d’avenir ». Par ailleurs, la CFDT ajoute qu’une « prochaine réforme sera inévitable et les jeunes générations en feront les frais ». Le syndicat précise dans son communiqué du 16 juin 2010 que « ce projet est très loin d’être la réforme que nous voulons pour répondre notamment aux exigences de justice et nous avons toutes les raisons de poursuivre la mobilisation avec la journée du 24 juin ».
Bien plus radical, FO réclame le « retrait pur et simple » du projet de réforme des retraites. « Ce projet est dangereux, injuste socialement et inefficace économiquement », a réagi le Secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Ce dernier dénonce un projet de réforme qui fait peser sur les salariés l’essentiel des efforts à fournir pour sauvegarder notre système de retraite. Solidaires partage cette analyse et demande également le retrait du projet de loi. Evidemment, il y a peu de chance que ces deux syndicats obtiennent satisfaction.
Désormais, le texte doit faire l’objet d’une consultation afin d’être traduit en projet de loi avant la fin de la session parlementaire (mi-juillet 2010). Ainsi, le texte risque encore d’évoluer dans les mois à venir. Affaire à suivre…
Toutes les réactions syndicales (Communiqués du 16 juin 2010) :
Pour aller plus loin :

