A l’issue de l’expérimentation du CV anonyme, outil de lutte contre les discriminations à l’embauche et contre le racisme, le gouvernement décidera d’une éventuelle généralisation de ce dispositif dès cet automne. A cette occasion, un bilan des expérimentations menées sera rendu public.
Considéré comme un instrument de lutte contre les discriminations à l’embauche, le curriculum vitae (CV) anonyme suscite de nombreuses réflexions en Europe, même si son utilisation reste peu répandue et que les résultats des expérimentations sont peu concluants.
Dans les faits, ce dispositif ne permet que de déplacer le moment de la discrimination de la phase de tri des CV à la phase de l’entretien. L’anonymisation permet en effet de franchir la première barrière liée aux préjugés sur la couleur de peau, la consonance étrangère du nom de famille, du prénom, ou du lieu de résidence.
En France, la loi d’avril 2006 relative à l’Egalité des chances prévoit l’utilisation du CV anonyme dans les entreprises de plus de 50 salariés. Toutefois, faute de décret d’application, cette dernière est restée lettre morte.
Une expérimentation de 6 mois
Trois ans après la parution de la loi et afin d’en finir avec « les reculs et les hésitations » sur le sujet, le gouvernement a alors organisé une expérimentation du CV anonyme. Lancée par une conférence de presse le 3 novembre 2009, cette expérimentation a été menée dans 49 entreprises volontaires (Axa, Casino ou encore Sanofi-Aventis…).
Cette expérimentation devait donner lieu à un premier bilan au début de l’année, mais il n’a pas eu lieu. Le bilan final sera en revanche « rendu public », a précisé fin juillet le Haut commissariat à la Diversité.
« Nous serons en mesure d’envisager la généralisation éventuelle de ce dispositif », a déclaré le ministre de l’Immigration, Eric Besson, lors de la remise du trophée de la Diversité le 1er juillet dernier à l’université Paris-Dauphine.
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