Vous souhaitez réorganiser votre entreprise ou simplement un service. Vous décidez donc, comme l’oblige l’article L. 4612-8 du code du travail de consulter le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) puis le comité d’entreprise (CE) avant de mettre en place cette nouvelle organisation. Lors de la réunion de consultation du CHSCT, vous apprenez que les membres du comité veulent recourir à un expert.
Êtes-vous obligé d’accepter la nomination d’un expert ? Qui doit payer l’expertise ? Peut-on contester l’expert choisi ? Voici quelques éléments de réponse qui vous permettront de gérer ces situations parfois complexes.
Dans quels cas le CHSCT peut-il recourir à un expert ?
Le CHSCT peut faire appel à un expert agréé (C. trav., art. L. 4614-12) :
Attention : pour permettre au CHSCT de recourir à un expert, le risque grave doit exister dans l'établissement et celui-ci doit faire peser sur l’entreprise de sérieux préjudices.
Attention : l'expertise doit être faite dans le délai d'un mois ; ce délai peut être prolongé pour tenir compte des nécessités de l'expertise, le délai total ne pouvant excéder 45 jours. (C. trav., art. R. 4614-18)
Attention : le CHSCT est plus particulièrement consulté sur les conséquences de ce projet ou de cette introduction sur la santé et la sécurité des travailleurs.
Quelles sont les modalités pour recourir à un expert ?
La décision de recourir à un expert doit s’effectuer après une délibération à la majorité des membres présents. Le chef d’entreprise ne participe pas au vote.
Comment choisir son expert ?
Le CHSCT ne peut recourir qu'à un expert agréé par les ministres chargés du travail et de l'agriculture, dans les conditions fixées aux articles R. 4614-10 à R. 4614-17 du code du travail.
Une liste des experts agréés est fixée par arrêtés, pour des durées variables : Liste des experts CHSCT agrées au 1er janvier 2010 (pdf - 48,2 ko).
Quelles sont les conditions d’intervention de l’expert ?
Même si la mission de l’expert diffère en fonction des besoins du CHSCT, l'intervention d'un expert relève, en général, des deux domaines suivants :
De son côté l’expert est tenu aux obligations de secret et de discrétion. (C. trav., art. L. 4614-9)
Sa responsabilité civile peut même être engagée en cas de non-respect de ses obligations ou si un dommage peut être imputé à son intervention.
Qui prend en charge les frais d’expertise ?
Les frais d'expertise sont à la charge de l'employeur. (C. trav., art. L. 4614-13)
Que faire en cas de désaccord sur l’expertise entre l’employeur et le CHSCT ?
L'employeur peut contester les différents points suivants (C. trav., art. L. 4614-13) :
Qui doit prendre en charge les frais de procédure en cas de désaccord ?
Les frais de procédure engagés par le CHSCT à l'occasion d'une contestation de l'expertise doivent être pris en charge par l'employeur dès lors qu'aucun abus du CHSCT n'est établi.
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