Mardi soir, le Sénat a adopté en première lecture, le projet de loi sur le dialogue social dans les très petites entreprises (TPE). Ce texte, qui concerne les entreprises de moins de 11 salariés, est décrié par une partie du patronat et les députés UMP.
Visant à compléter le dispositif initié par la loi n°2008-789 du 20 août 2008 rénovant la démocratie sociale, ce projet de loi entend permettre aux 4 millions de salariés des TPE de s’exprimer en leur permettant de voter pour élire leurs représentants au niveau de la branche et au niveau national.
Pour ce faire, le texte prévoit l’organisation d’un scrutin tous les quatre ans dans les TPE. La mesure de l’audience des syndicats en dépendra et les premières élections seront organisées d’ici la fin 2012.
Alors que la tenue d’élections professionnelles n’est pas obligatoire dans les entreprises de moins de 11 salariés, le projet de loi a retenu des modalités électorales souples, afin qu’aucune obligation supplémentaire soit imposée en direction des TPE.
Malgré tout, le Medef et la CGPME sont très hostiles à ce projet de loi. Ainsi, la patronne du Medef dénonce « de nouvelles contraintes » sur les TPE. Elle est soutenue dans sa démarche par une partie des députés UMP, en raison du rejet d’un amendement soutenu par certains élus UMP visant à supprimer l’article 6 du projet de loi.
Cet article instaure des commissions paritaires territoriales, dont la mission est d’assurer un suivi du dialogue social dans les TPE. Ces dernières sont vivement critiquées par le Medef et la CGPME, mais défendues par l’UPA, l’Unapl et la Fnsea.
A ce titre, le Sénat a supprimé l’échelon local pour les commissions paritaires, au profit des niveaux départemental ou national. Par ailleurs, le texte interdit l’accès des représentants des syndicats dans les TPE, sans accord du patron.
En dépit de toutes ces divergences, le gouvernement est dans l’obligation de trouver un accord sur la représentativité syndicale dans les TPE, faute de quoi, la loi du 20 août 2008 court un risque d’inconstitutionnalité. En effet, le Conseil d’Etat a rappelé le 29 avril dernier, la nécessité de légiférer dans ce domaine, tout en précisant que « la loi doit entrée en vigueur avant 2013 ».
Désormais, le texte doit maintenant repasser devant l’Assemblée nationale pour une ultime lecture. Les députés de la majorité, plus hostiles que les sénateurs à l’instauration des commissions paritaires devraient revenir sur ce point de la réforme.
Pour aller plus loin :


Vos réactions
1 CommentairePour moi, ce projet de loi n'a, pour unique objectif, que de rendre complètement applicable la loi du 20 août 2008 rénovant la démocratie sociale.
En effet, ce projet de loi n'apporte aucun avantage ni aucune garantie aux salariés des TPE qui restent désavantagés vis-à-vis de leur collègue des grandes entreprises - qui bénéficient eux d'avantages (meilleures rémunérations, intéressement, participation, PERCO, ...).
De plus, la mise en place de commission pour veiller au bon déroulement du dialogue social dans les TPE n'est pas nouveau puisqu'il existe déjà des commissions chargées de cela dans certaines branches d'activité. On risque donc de se retoruver avec 2 commissions exercant (plus ou moins efficacement) le même rôle.
Enfin, mettre en place une élection tous les 4 ans pour les salariés des TPE ne semble pas être une solution. Il n'y a qu'à regarder les chiffres de l'abstention aux élections prud'hommal. Comment motiver un salarié d'une très petite entreprise pour aller voter alors que son vote ne servira même pas à désigner des représentants directs ?
A lire ce projet, les salariés des TPE semblent encore être les grands perdants ...