Lundi 15 mars 2010, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) s’est dotée d’un nouveau président dans un contexte de tension particulier. Alors que l’on pouvait espérer un retour au calme après l’élection de Roland Heguy et de Hervé Becam à la tête du principal syndicat de l’Hôtellerie Restauration, c’est désormais devant la justice que le conflit des chefs va s’étendre. Détails.
Divergences d’opinion…
Le conflit qui oppose la présidente déchue, Christine Pujol, au reste de l’organisation entre désormais dans une nouvelle phase. Présidente de l’UMIH depuis novembre 2008 et destituée de ses fonctions lors d’une assemblée générale de l’organisation à Nantes le 29 novembre 2009, Christine Pujol conteste sa destitution, tant sur le fond que sur la forme, et refuse de quitter ses fonctions de présidente.
Peu à peu, le conflit s’est propagé et a vu les protagonistes s’interpeller par presse interposée. Les « putschistes » précisant la défiance du mouvement envers l’ancienne présidente, notamment suite à son manque de soutien dans les affaires de la baisse de la TVA à 5.5% dans l’hôtellerie-restauration, tandis que l’ancienne présidente met en avant l’illégalité dans laquelle sa soi-disant destitution s’est déroulée en affirmant que « c'est l'omerta qui a primé ».
… et auto séquestration
Afin de contester la légalité de sa destitution et pour contrer l’élection du nouveau président de l’UMIH, la présidente sortante s’est enfermée avec sa directrice de communication depuis le mercredi 11 mars dernier dans son ancien bureau de la rue d’Anjou dans le 8ème arrondissement de Paris.
Face à cette situation de blocage, qui voit la « prisonnière consentante » se faire ravitailler en nourriture et en eau par la fenêtre, l’affaire sera prochainement mené devant les tribunaux qui devront trancher sur l’avenir de ce litige. Naturellement, les deux parties invoquent des motifs totalement opposés pour justifier leur action.
D’un côté, le camp de la nouvelle direction entend faire appliquer le résultat du nouveau vote et ainsi expulser Christine Pujol du bureau où elle s’est enfermée. De l’autre, l’ex-présidente a décidé de porter plainte pour harcèlement et conteste également la validité de sa destitution.
Saisi en référé par l’avocat, Maître Rémy Barousse, le tribunal d’instance doit examiner aujourd’hui la demande d’expulsion de Christine Pujol des locaux de l’UMIH. S’attendant assez logiquement à être expulsé, cette dernière promet que l’affaire ne s’arrêtera pas là en affirmant qu’ « une cathare ne capitule jamais ».

