Le nouveau directeur général de France Télécom, Stéphane Richard, a présenté le 25 mars dernier son plan visant à stopper la crise sociale que traverse l’opérateur téléphonique depuis plusieurs mois, caractérisée notamment par la série de suicides de salariés intervenue dans l’entreprise. Celui-ci rompt avec la politique menée par son prédécesseur en annonçant, notamment, l’embauche de 3.500 personnes et la fin des mobilités forcées.
Après une vague de suicides largement médiatisée et un décompte macabre effrayant qui ont entraîné le départ de l’ancien PDG Didier Lombard, la direction de France Télécom cherche aujourd’hui à tourner la page. Se basant sur le travail du cabinet d’audit Technologia et ses conclusions rendues courant mars, France Télécom souhaite « sortir de la crise par l’apaisement », explique Stéphane Richard. Selon lui, toutes les recommandations du rapport d’étape n’ont pas été retenues, mais l’entreprise va « redonner sa place au dialogue social ».
Des changements managériaux …
Issu des réflexions menées par les 120 directeurs opérationnels de l’entreprise, ce plan se compose de huit engagements visant à apaiser le climat social et à restaurer l’image de l’entreprise, notamment auprès de ses salariés.
Afin d’opérer un changement radical avec la gestion de son prédécesseur Didier Lombard, ce plan prévoit notamment de stopper le plan « Next 2006 », qui prévoyait la suppression de plus de 20.000 postes et quelques 10.000 mutations sur les prochaines années.
De même, France Télécom annonce le recrutement de plus de 3.500 personnes en 2010, en priorité dans les métiers de la vente et de la relation clients. Par ailleurs, la direction de l’entreprise doit complètement revoir sa politique de mobilité, qui était jusque là imposée aux salariés tous les trois ans, afin de privilégier le volontariat pour la mobilité intra-groupe.
Au-delà de ces mesures, le plan s’attaque également au management. Pointé du doigt par l’ensemble des salariés du groupe comme étant l’un des principaux responsables de la crise sociale, le management est au cœur des dispositions de ce plan. Outre une formation approfondie pour les managers de l’entreprise, France Télécom lance un « plan d’urgence » destiné à détecter les situations sensibles et à accompagner au mieux les salariés en difficultés.
Parallèlement, afin d’améliorer l’implication des managers face aux conséquences du changement, 30 % de leur rémunération variable seront désormais basés sur des critères sociaux, tels que le bien être de leurs collaborateurs.
Bien que non chiffrées, ces réformes s’inscriront sur le long terme et devrait être financées sur le budget 2010 de France Télécom.
… qui ne satisfont pas complètement les syndicats
Du côté des syndicats, l’accueil de ce plan est plutôt mitigé. Le syndicat Sud-PTT regrette qu’il n y’ait « pas grand-chose de nouveau. Ce n’est pas très audacieux. C’est creux ». Pour FO, cela « ressemble à un plan d’urgence, mais il a quatre mois de retard ».
Les raisons de cet accueil ? Au-delà de la situation difficile de l’entreprise – l’observatoire du stress et des mobilités forcées a dénombré 11 suicides depuis le mois de janvier – les syndicats regrettent qu’une grande partie de ces annonces ne soit qu’une reprise des accords déjà signés, notamment sur les mobilités forcées et l’annonce de création d’emplois.
Pour en savoir plus :

