Dans une tribune libre publiée dans le journal les Echos le 23 août 2010, Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (association des accidentés de la vie) et François Desriaux, porte-parole de l’association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) estiment que « le volet pénibilité de la réforme des retraites s’apparente à une succession d’injustices ».
Partir à la retraite à 60 ans pour les travailleurs usés par des métiers pénibles, comme le propose le projet de réforme des retraites 2010, est un horizon « inatteignable pour des centaines de milliers de personnes », expliquent les représentants des associations d’accidentés du travail.
Selon l'Institut national d'études démographiques (Ined), un ouvrier vit six ans de moins qu'un cadre, dix de moins si l'on considère l'espérance de vie sans incapacité. C'est ce que les démographes appellent « la double peine des ouvriers : plus d'années d'incapacité au sein d'une vie plus courte » !
Face à cette réalité, les responsables de la Fnath et de l’Andeva dénoncent « une succession d’injustices » dans la réforme des retraites 2010, et s’étonnent que l’on puisse parler d’un projet « équilibré et juste ».
Le dispositif proposé par le gouvernement pour prendre en compte la pénibilité « repose uniquement sur l’incapacité physique de travail », avec un seuil de 20 % d’incapacité permanente partielle nécessaire pour pouvoir partir à la retraite à 60 ans au lieu de 62 ans.
Ce dispositif écarte ainsi des salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes, et qui ont « une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte ». De la même façon, un nombre non négligeable de travailleurs seront exclus, parce que « toutes les pathologies du travail ne sont pas reconnues comme maladies professionnelles », précisent Arnaud de Broca et François Desriaux.
Dans ce cadre, la FNATH appelle tous ses adhérents et sympathisants à soutenir la mobilisation nationale du 7 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites, en particulier contre le volet « pénibilité ».
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