En constante progression, les TMS sont souvent pris en compte lorsque le mal est déjà fait. Lutter contre leurs méfaits nécessite de bousculer les habitudes en anticipant et en décloisonnant les entreprises pour écouter les premiers concernés, c’est-à-dire les salariés. C’est la démarche que propose l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) dans son dernier dossier consacré aux TMS.
Constituant la première maladie professionnelle, les troubles musculo-squelettiques sont en constante augmentation depuis 30 ans. Souvent constatés, rarement anticipés, très largement subis, les TMS ne sont pas facile à anticiper et à prévenir. Dans ce contexte, le Réseau Anact plaide pour allier l’innovation et la prévention.
« Chaque fois qu’une entreprise se lance avec méthode dans la prévention des TMS, elle gagne sur tous les tableaux », indique Jean-Baptiste Obéniche, le directeur général de l’Anact.
L’anticipation est la meilleure des solutions
Prévenir plutôt que guérir, tel est le mot d’ordre de la lutte contre les TMS. Pour cela, chaque entreprise dispose de sa propre méthode. L’essentiel est d’intégrer la santé et la sécurité dès la conception du système de travail, afin d’éviter le trop vite, le trop souvent, le trop longtemps, etc.
C’est ce qu’explique Romain Chevallet, chargé de mission du département Changements technologiques et organisationnels de l’Anact, pour qui « les projets de transformation du process, des espaces de travail, des équipements… sont des opportunités majeures pour traiter et prévenir les TMS ».
Toutefois, ces occasions ne doivent pas être traitées par l’entreprise uniquement sous l’angle d’un projet technique. Toutes les dimensions du projet doivent être prises en compte. Les dimensions organisationnelle, humaine, managériale et sociale sont très importantes et doivent faire l’objet d’une attention particulière.
Écouter les salariés
L’innovation ne passe pas nécessairement par des investissements très lourds ou par des restructurations totales des espaces de travail. Bien souvent, l’innovation se cache dans une multitude de détails liés aux pratiques quotidiennes de travail. Pour mettre à jour ces détails, plusieurs solutions existent.
Soit l’entreprise a déjà une activité et dans ce cas c’est l’expérience des salariés qui permettra de détecter certaines pistes d’amélioration dans les techniques de travail. Chaque salarié doit être un acteur potentiel de la prévention des TMS, pour que celle-ci colle au plus près aux réalités du terrain.
Soit l’entreprise envisage de développer une nouvelle activité, et dans ce cadre, « il existe des méthodes éprouvées et simples de simulation du travail […] L’important est que concepteurs et utilisateurs soient présents et qu’un dialogue s’instaure entre eux », précise Romain Chevalet.
Enfin, l’Anact préconise de décloisonner l’entreprise, afin que l’articulation des niveaux de prévention et l’organisation des coopérations entre les différents services ne soient plus des problèmes. Dans ce cadre, les directions des ressources humaines ont un rôle important à jouer. Elles sont le maillon essentiel dans la construction d’une approche dynamique de la prévention, permettant de redonner de la latitude aux salariés.
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