Dans un contexte social particulièrement éprouvant pour tout un chacun, la souffrance au travail est aujourd'hui l'ennemi numéro un. Face à ce constat, la Confédération Française de l'Encadrement – Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC) vient de publier ses revendications.
La reconnaissance du stress comme maladie professionnelle
Selon Bernard Salengro, médecin du travail, vice-président de l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) et membre de la CFE-CGC, la meilleure manière d'obliger les directions d'entreprise à agir contre le stress professionnel est d'utiliser les mécanismes économiques : « dès lors qu'on aura reconnu le stress comme maladie professionnelle, c'est-à-dire comme ayant un coût pour l'entreprise, vous verrez que la prévention sera rentable ».
Afin d'appuyer son propos, Bernard Salengro prend l'exemple des assureurs américains, pour qui un dollar investi dans la prévention correspond à six dollars de réparation économisés. Ainsi, la CFE-CGC souhaite mener une réflexion sur la notion de réparation, afin de faire en sorte que le coût du stress et de ses conséquences soit reporté sur la cotisation à la charge de l'employeur. par l'intermédiaire de la branche AT/MP de la Sécurité sociale.
La création d'un curriculum laboris
La CFE-CGC propose un instrument qui consignera tous les risques auxquels le salarié a été soumis durant sa carrière professionnelle et devra être tenu par le médecin du travail dans un souci de confidentialité des informations consignées. Ce curriculum laboris pourra suivre le salarié en cas de changement d'entreprise et sera aussi précieux pour les salariés en contrats à durée déterminée.
Des formations pour l'encadrement
La CFE-CGC propose que l'encadrement bénéficie de formations spécifiques lui permettant de mieux réagir face à des situations difficiles. En effet, l'encadrement est en première ligne face aux situations dramatiques liées au stress, et il est important pour lui d'avoir les bonnes réactions pour épauler ses collaborateurs touchés. Selon la CFE-CGC, ce dispositif permettra également au salarié d'obtenir un appui nécessaire à la demande :
Une clarification et une formalisation des conditions de la responsabilité du personnel d'encadrement
L'encadrement subit un rythme et une surcharge de travail qui ont des effets néfastes, tant pour lui-même que pour l'entreprise. Dans le même temps, ces mêmes employeurs écartent les cadres des centres de décision, ces derniers devenant des pilotes navigant à vue, sans cartes ni repères. Les encadrants se retrouvent isolés et poussés parfois à des initiatives téméraires sinon irréfléchies, imposées par des objectifs professionnels irréalistes.
Or, un cadre a la particularité d'engager plus que sa propre responsabilité : il agit au nom de son employeur, il mobilise des moyens humains et financiers. Dans le cas d'ordres illégaux voire malveillants, exécutés contraints et forcés, le cadre se voit condamné sur ses biens propres. Il est temps de clarifier et de formaliser les conditions de la responsabilité du personnel d'encadrement.
La CFE-CGC demande pour eux de véritables droits : de s'exprimer librement, de prendre des initiatives qui comportent un «droit à l'erreur», d'alerter les parties prenantes sans être considérés comme fautifs et, pourquoi pas, de bénéficier d'une clause de conscience... Autant de droits qui devraient figurer dans un statut de l'encadrement revu et modernisé.

