Mise sur pied en octobre dernier, la commission de réflexion sur la souffrance au travail devait réfléchir aux bonnes pratiques à recommander aux entreprises pour « travailler mieux » et prévenir les facteurs de risques psychosociaux et le stress professionnel. Après plusieurs semaines de travaux, de débat et d’enquête auprès des salariés, cette commission vient de rendre ses conclusions. Détails.
Coprésidée par Jean-François Copé et Pierre Méhaignerie, les membres de la commission de réflexion sur la souffrance au travail ont rendu leurs conclusions le 16 décembre 2009. A travers les 60 pages de ce rapport, la commission a tenu à rappeler l’impact de l’organisation de travail et du management sur le stress des salariés.
Pour y parvenir, les rapporteurs ont fait appel à de nombreux experts, rapports et études, dont les données de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), selon lesquelles environ un quart des hommes (24%) et plus d’un tiers des femmes (37%) souffrent de troubles psychologiques liés à leur travail. En outre, selon un sondage OpinionWay du mois d’octobre 2009, 53% des salariés déclarent souffrir du stress au travail. « La situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de cas de souffrance liés au travail est très probablement sous-estimé », précise le rapport.
Le constat de la commission est sans appel : individualisation des relations de travail, destruction du collectif, perte des repères traditionnels, intensification du travail, culture de l’urgence, entremêlement de la vie professionnelle et de la vie privée, présentéisme, aliénation, recherche de la surperformance… à l’heure actuelle, l’organisation du travail telle qu’elle est conçue engendre de la souffrance et déshumanise le travail. C’est ce confirme un communiqué de presse de la commission, qui indique que « dans un certain nombre de cas, le travail lui-même est malade ». A ce titre, les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentaient 7,4 millions de journées de travail perdues en 2007, et leur nombre s’accroît depuis 10 ans d’environ 18% par an.
Afin de remédier à cette situation, le rapport liste une trentaine de recommandations autour de 4 axes de réflexion visant à réhumaniser le monde du travail :
Axe 1 : Rétablir le dialogue dans le monde du travail
Axe 2 : Former, former… et former !
Axe 3 : Promouvoir au quotidien les bonnes pratiques et les comportements vertueux
Axe 4 : Assurer une meilleure organisation des services de santé au travail
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