Selon les résultats de trois enquêtes menées en 2006 et 2007 dans la région Paca et baptisées « Quinzaine MCP », la souffrance psychique au travail est la seconde Maladie à Caractère Professionnel (MCP) juste derrière les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) et avant les troubles de l’audition et de la vue.
Menées par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) dans le cadre d’un programme national de surveillance des MCP, ces enquêtes reposent sur un réseau de 283 médecins du travail volontaires et sur le principe de campagnes de signalement de deux semaines consécutives, répétées chaque semestre.
Au cours d’une Quinzaine MCP, « les médecins du réseau signalent toutes les maladies ou symptômes considérés par le médecin du travail comme ayant un lien avec l’activité professionnelle du ou de la salarié(e) et qui n’ont pas fait l’objet d’une réparation en maladie professionnelle (maladie non déclarée, déclarée mais en cours d’instruction, ou refusée).
Le taux de participation des médecins de la région Paca est dans la moyenne nationale, avec 35% de participants en 2007, soit plus de 32.000 consultations (essentiellement obligatoires).
Les maladies à caractère professionnel (MCP)
Les troubles musculo-squelettiques et la souffrance psychique au travail représentent ensemble 70% des MCP signalées en 2006 et 74% en 2007, comme l’illustre le tableau ci-dessous :

Selon l’InVS, cinq secteurs d’activité étaient particulièrement exposés aux MCP en 2007 : il s’agissait des industries, de la construction, du commerce, du secteur de l’éducation/santé/action sociale et du secteur des activités financières. Parmi les personnes exposées, « la prévalence des trois principales pathologies augmentait avec l’âge » et les ouvriers étaient plus touchés que les employés, eux-mêmes plus affectés que les professions intermédiaires, alors que les cadres et professions supérieures étaient les moins atteints.
La souffrance psychique s’accroît…
Principalement décrite par les diagnostics de « syndrome anxiodépressif » ou « syndrome dépressif », « dépression », « troubles du sommeil », « souffrance et harcèlement moral(e) », la souffrance psychique est en forte augmentation sur la période étudiée, avec un total de 469 pathologies signalées en 2007.
Selon les résultats de l’enquête, les femmes sont deux fois plus atteintes que les hommes. De la même manière, les cadres et professions intellectuelles sont les plus touchés, tandis que les ouvriers semblent relativement moins exposés. Les secteurs d’activités à risque sont celui des activités financières, suivi par celui des industries, du commerce et de l’administration.
Parmi les sources de la souffrance psychique, les violences psychologiques étaient le principal facteur de risque signalé, suivi du dysfonctionnement managérial et des problèmes de collectif de travail. Enfin, d’autres facteurs d’exposition ont également été relevés :
Pour en savoir plus :


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1 CommentaireCette étude prouve sans conteste que l'organisation du travail a un impact réel sur la santé physique et mentale des salariés. Voilà donc une cartouche supplémentaire pour les organisations syndicales dans le cadre de la négociation sur le harcèlement au travail...