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23 février 2026On aimerait vous annoncer que l’écart de salaire femmes-hommes appartient au passé, relégué avec les pantalons pattes d’eph’ et le minitel. Et pourtant, même à l’ère des grandes promesses, le fossé persiste ! Pire encore, il se creuse parfois, selon l’étude annuelle de l’Insee. Décryptage, chiffres à la main et sourire (amer) aux lèvres.
Derrière l’écart de salaire qui refuse de disparaître : d’abord le volume de travail
Pourquoi les femmes gagnent-elles toujours moins que les hommes ? Selon l’Insee, tout commence avec des différences de volume de travail annuel moyen. Deux constats s’imposent :
- Sur l’année, les femmes sont moins souvent en emploi que les hommes.
- Elles occupent aussi bien plus fréquemment un emploi à temps partiel. Parfois par choix, souvent faute d’alternative acceptable.
Résultat ? Le volume de travail annuel des femmes est inférieur de 9,3 % à celui des hommes. Une différence qui pèse sérieusement sur le portefeuille !
À poste et temps de travail égal, l’écart reste désespérément tenace
Admettons : comparons maintenant les hommes et les femmes à temps de travail égal. La nouvelle n’est pas beaucoup plus réjouissante. Les femmes touchent en moyenne un salaire inférieur de 14,2 % à celui des hommes. C’est tout de même mieux qu’en 1995, quand l’écart était de 22,1 %. Cette évolution positive s’explique entre autres parce qu’il y a aujourd’hui plus de femmes dans les emplois les mieux payés. En 2023, 38 % des cadres sont des femmes, contre seulement 23 % en 1995. Une avancée, certes, mais qui ne comble pas le fossé.
Un écart qui s’aggrave avec l’âge et… les enfants
On aurait pu espérer que la maturité arrange les choses, mais c’est tout l’inverse. Dans le secteur privé, la différence de salaire (calculée à temps plein) s’amplifie avec l’âge :
- Pour les salariés de moins de 25 ans, l’écart est de 4,3 %.
- Chez les 60 ans et plus, il bondit à 24,9 % !
Petite ironie du sort : chez les plus jeunes, ce n’est pas le salaire horaire mais le nombre d’heures travaillées qui fait défaut aux femmes. Les jeunes femmes ont un volume de travail annuel inférieur de 20,6 % à celui de leurs collègues masculins du même âge.
Autre facteur qui creuse le fossé, et non des moindres : le nombre d’enfants. En 2022, parmi les salariés du privé sans enfant, l’écart de salaire moyen est de 5,8 %, mais il grimpe jusqu’à 28,2 % entre les mères et les pères de trois enfants ou plus. On comprend pourquoi certains parlent de « pénalité maternité »…
Des métiers (trop) différents, une inégalité persistante
L’étude de l’Insee révèle aussi que les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes métiers. Parmi les vingt professions les plus courantes pour chaque genre,
- 38 % de l’emploi féminin se concentre sur des postes comme secrétaire ou employée administrative,
- alors que 30 % des hommes travaillent dans d’autres secteurs, comme conducteur routier ou ingénieur en informatique.
Surprise ? Seules quatre professions figurent dans les deux top 20. Même à poste comparable, pourquoi les femmes gagnent-elles toujours moins ? L’Insee a vérifié : à emploi équivalent, les femmes touchent 3,8 % de moins que les hommes.
En résumé : jusqu’ici, les multiples promesses de réduction d’inégalités salariales sont restées – pour beaucoup – de jolies paroles. Le volume de travail, la répartition des métiers, l’âge et la parentalité restent autant de freins à une égalité réelle. Alors, à quand la prochaine révolution salariale ? La question reste ouverte… mais le combat, lui, continue !

