Ces comptes bancaires que vous avez ouverts il y a des années et qui vous coûtent de l’argent en dormant
17 mars 2026
CAF et comptes bancaires : ce que la rumeur TikTok ne dit pas
18 mars 202612 jours, 2 mois, 4 mois : bienvenue dans la salle d’attente permanente
Un rendez-vous chez le médecin généraliste en douze jours. Deux mois pour un cardiologue. Quatre mois et demi pour voir un dermatologue. Ce ne sont pas des cas isolés : ce sont les moyennes nationales, telles que les révèle le 3ᵉ baromètre de la Fédération hospitalière de France (FHF), réalisé avec Ipsos/BVA.
En 2019, décrocher une consultation chez un généraliste prenait environ quatre jours. En 2024, dix jours. Aujourd’hui, douze. En sept ans, les délais ont été multipliés par trois. La médecine de ville, censée être la porte d’entrée du système de santé, ressemble de plus en plus à une forteresse.
Des spécialistes de plus en plus inaccessibles
Le baromètre FHF détaille les délais moyens par spécialité : deux mois et dix jours pour un ORL, trois mois et deux jours pour un cardiologue, quatre mois et deux semaines pour un dermatologue. Des chiffres qui ont eux aussi triplé depuis 2019.
Ces moyennes nationales masquent des réalités encore plus dures dans certains territoires. Là où les déserts médicaux s’installent, les délais réels dépassent largement ces estimations. Ce que le baromètre mesure, c’est un plancher — pas un plafond.
40 % des Français : l’accès aux soins est difficile ici
La perception rejoint les chiffres. Selon la FHF, 40 % des Français estiment que l’accès aux soins est compliqué dans leur zone de vie. Plus fort encore : 36 % se considèrent déjà habitants d’un désert médical.
Près d’un Français sur deux dit avoir du mal à consulter un généraliste. Pour un spécialiste, la proportion monte à 63 %, dont un quart décrit la situation comme « très difficile ». Dans les zones rurales et les petites villes, ces ressentis s’aggravent encore davantage.
73 % ont renoncé à se soigner : un chiffre qui interroge
Face à ces délais, beaucoup choisissent — ou sont contraints — de ne pas consulter du tout. Le baromètre FHF indique que 59 % des Français ont déjà renoncé à une consultation ou à des analyses médicales en raison des temps d’attente trop longs.
Sur cinq ans, la proportion grimpe à 73 % : près de trois Français sur quatre ont abandonné au moins un acte de soin. L’Observatoire FHF va plus loin : 81 % déclarent avoir renoncé à consulter au moins une fois au cours des douze derniers mois.
Trop long, trop loin, trop cher : le triple obstacle
Les raisons du renoncement se cumulent. 65 % citent des délais jugés insupportables. Environ 60 % pointent l’absence de spécialistes à proximité. Entre 40 et 47 % évoquent le coût des soins ou des remboursements insuffisants.
La revalorisation de la consultation de médecine générale à 30 euros a renforcé le sentiment que se soigner coûte trop cher, notamment pour les foyers sans mutuelle solide. En zone rurale, il faut parfois ajouter les frais de transport et une journée de travail perdue — autant de freins concrets qui s’accumulent.
Les urgences, dernier recours d’un système sous pression
Quand le médecin de ville est inaccessible, les Français se retournent vers les urgences hospitalières. Le baromètre révèle que 49 % des personnes interrogées s’y sont déjà rendues pour une situation qui n’était pas nécessairement urgente.
Ce report massif alimente une tension croissante sur l’hôpital. Selon les données citées par les auteurs du baromètre, 53 % des Français ont été concernés — personnellement ou via un proche — par un retard de prise en charge hospitalière au cours des cinq dernières années.
Les analyses post-Covid décrivent une véritable « dette de santé publique » : des diagnostics posés trop tard, des pathologies plus graves, dans un système déjà fragilisé par les fermetures de lits et la pénurie de soignants. Le cercle se referme, lentement mais sûrement.
