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7 août 2026Un couple peut transmettre jusqu’à 400 000 € à ses deux enfants sans qu’un seul euro d’impôt ne soit dû. Ce n’est pas une astuce de riches, c’est une règle fiscale ouverte à tous : l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant. Explication concrète, avec les démarches à suivre et les leviers pour aller encore plus loin.
Qu’est-ce que l’abattement de 100 000 € et comment fonctionne-t-il ?
Chaque parent bénéficie d’un abattement fiscal de 100 000 € par enfant sur les droits de donation. Concrètement, cela signifie qu’un père peut donner 100 000 € à son fils sans qu’aucun impôt ne soit prélevé, et la mère peut faire exactement la même chose de son côté. À deux, un couple de parents peut donc transmettre 200 000 € à un même enfant en totale franchise fiscale.
Le principe : 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
Cet abattement n’est pas un cadeau ponctuel réservé à une occasion unique. Il se reconstitue intégralement après un délai de 15 ans. Le renouvellement tous les 15 ans permet ainsi à une même famille d’organiser plusieurs vagues de donations au fil des décennies, sans jamais repasser à la caisse fiscale, à condition d’espacer correctement les opérations.
Une fois ce seuil dépassé, les sommes ou biens transmis basculent dans le barème fiscal des droits de donation, qui grimpe progressivement selon les tranches, jusqu’à 45 % pour les montants les plus élevés en ligne directe. D’où l’intérêt de bien calibrer chaque donation pour rester sous le plafond exonéré.
Ce que vous pouvez donner : argent, biens immobiliers, titres
L’abattement s’applique à tout type de patrimoine : liquidités, part de biens immobiliers, actions, parts de société ou encore objets de valeur. Un parent peut ainsi transmettre une somme d’argent, mais aussi un appartement, un portefeuille de titres, ou des parts de SCI familiale. La forme du patrimoine transmis n’a pas d’incidence sur le principe de l’abattement, seul le montant total compte.
Combien peut-on transmettre sans impôt dans une famille ?
C’est là que le mécanisme devient réellement puissant lorsqu’on multiplie les acteurs. Prenons un exemple parlant pour comprendre l’ampleur du dispositif.
Exemple concret : un couple avec deux enfants
Monsieur et Madame Martin ont deux enfants, Léa et Tom. Chacun des deux parents peut donner 100 000 € à Léa et 100 000 € à Tom. Résultat : la famille Martin peut transmettre jusqu’à 400 000 € au total (200 000 € à chaque enfant), sans qu’aucun droit de donation ne soit exigible. Si les grands-parents s’y ajoutent, la somme grimpe encore, chaque grand-parent disposant lui aussi d’un abattement propre de 31 865 € par petit-enfant.
| Donateur | Bénéficiaire | Abattement applicable |
|---|---|---|
| Père | Léa | 100 000 € |
| Mère | Léa | 100 000 € |
| Père | Tom | 100 000 € |
| Mère | Tom | 100 000 € |
| Chaque grand-parent | Petit-enfant | 31 865 € |
Cumul avec le don Sarkozy et autres abattements
L’abattement de 100 000 € n’est pas la seule carte à jouer. Le don Sarkozy, officiellement appelé don familial de sommes d’argent, permet d’ajouter jusqu’à 31 865 € supplémentaires, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire soit majeur. Ces deux dispositifs se cumulent sans problème, ce qui pousse encore le plafond exonéré pour une même famille.
Un cadeau offert pour un anniversaire ou un mariage, raisonnable au regard du patrimoine du donateur, relève du présent d’usage et échappe totalement à la fiscalité. Il ne rentre pas en compte dans l’abattement des 100 000 €, mais son montant doit rester proportionné, sous peine d’être requalifié en donation classique lors d’un contrôle.
Comment faire une donation de 100 000 € concrètement ?

Sur le terrain, deux voies existent selon la nature du bien transmis et le formalisme souhaité.
Don manuel : virement, chèque, formulaire 2735
Pour une somme d’argent, le don manuel est la solution la plus simple : un virement bancaire ou un chèque suffit matériellement. Mais cette simplicité ne dispense pas d’une obligation déclarative. Le bénéficiaire doit signaler la donation à l’administration fiscale via le formulaire 2735, disponible sur le site impôts.gouv, dans le mois qui suit la remise des fonds. Cette déclaration permet de faire courir officiellement le délai de 15 ans et de sécuriser l’exonération en cas de contrôle ultérieur.
Quand passer par un notaire et à quel coût ?
Dès qu’un bien immobilier est concerné, le passage devant un notaire devient obligatoire : l’acte doit être authentifié pour être opposable. Les frais de notaire représentent généralement entre 1 % et 2,5 % de la valeur du bien transmis, selon les barèmes réglementés. Ce passage notarié est aussi recommandé, sans être imposé, pour une donation-partage entre plusieurs enfants, afin de figer les valeurs au jour de la donation et d’éviter les contestations lors d’une future succession.
Stratégies pour transmettre encore plus sans fiscalité
Au-delà du plafond de 100 000 €, plusieurs montages permettent de transmettre davantage tout en gardant la main sur le patrimoine.
Donation en nue-propriété et démembrement
Le démembrement de propriété consiste à séparer la nue-propriété, transmise à l’enfant, de l’usufruit, conservé par le parent jusqu’à son décès. L’avantage fiscal est net : les droits de donation sont calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété, qui diminue mécaniquement avec l’âge de l’usufruitier. Un parent de 60 ans qui donne la nue-propriété d’un bien voit sa base taxable réduite de 50 %, ce qui permet de transmettre un patrimoine bien plus important tout en restant dans les 100 000 € d’abattement. À l’extinction de l’usufruit, souvent au décès du parent survivant, l’enfant récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires à payer, une situation à mettre en parallèle avec ce que devient l’épargne en cas de décès du conjoint.
Assurance-vie, SCI et SCPI : leviers complémentaires
L’assurance-vie reste un outil de transmission patrimoniale à part, avec son propre abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans, indépendant de celui des donations classiques. Loger un patrimoine immobilier dans une SCI familiale permet, quant à lui, de donner progressivement des parts sociales aux enfants, année après année, en profitant à chaque fois de l’abattement renouvelé. Enfin, investir via des SCPI facilite le démembrement puisque les parts peuvent être scindées en nue-propriété et usufruit, avec une gestion locative déléguée qui simplifie la transmission sur le long terme.
Combiner ces outils avec une optimisation fiscale réfléchie, étalée sur plusieurs décennies et plusieurs générations, permet à une famille de transmettre un patrimoine conséquent en limitant fortement, voire en annulant, la fiscalité de succession.




