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Depuis le 1er avril 2025, les règles de l’assurance chômage ont été redessinées pour les demandeurs d’emploi seniors. Ces nouvelles dispositions restent en vigueur en 2026 et concernent directement les plus de 55 ans. Trois grands axes sont à retenir : l’accès aux durées longues d’indemnisation, le calcul des allocations et le maintien des droits jusqu’à la retraite.
Avant d’entrer dans le détail, une précision importante : ce n’est pas votre date d’inscription à France Travail qui détermine quelles règles s’appliquent à vous, mais la date de fin de votre contrat de travail. Si elle est antérieure au 1er avril 2025, l’ancien régime s’applique.
Durées d’indemnisation : le seuil d’accès passe de 53 à 55 ans
C’est le changement le plus visible de cette réforme. L’accès aux durées d’indemnisation allongées — jusqu’ici réservé aux 53 ans et plus — est désormais repoussé à 55 ans. Ce décalage s’aligne sur le report progressif de l’âge légal de départ à la retraite, instauré par la loi du 14 avril 2023.
Voici comment se répartissent les durées maximales d’indemnisation selon l’âge :
| Âge du demandeur d’emploi | Durée maximale d’indemnisation | Prolongation possible avec formation |
|---|---|---|
| Jusqu’à 54 ans | 18 mois (548 jours) | Non |
| 55-56 ans | 22,5 mois (685 jours) | Oui, +4,5 mois (137 jours) |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) | Non précisé |
Les 53-54 ans sont donc désormais alignés sur le régime général. Cette mesure soulève une vraie question : cette tranche d’âge fait déjà face à des discriminations à l’embauche. Réduire leurs droits sans améliorer leur accès au marché du travail pourrait fragiliser leur situation financière.
À noter : les seniors de 55 ans et plus peuvent gagner 4,5 mois supplémentaires d’indemnisation en suivant une formation validée par France Travail. Un levier concret pour renforcer son employabilité, d’autant que la durée moyenne d’inscription des seniors chez France Travail est deux fois plus longue que celle des autres allocataires.
Calcul des allocations : trois points à surveiller
La réforme modifie aussi la façon dont sont calculées les allocations. Ces ajustements, moins visibles, ont pourtant des effets réels sur le montant perçu chaque année.
La période de référence reste avantageuse pour les 55 ans et plus
Pour les seniors de 55 ans et plus, la période de référence pour calculer le salaire journalier de référence reste fixée à 36 mois, contre 24 mois pour les moins de 55 ans. Cela permet de prendre en compte une carrière plus longue et potentiellement plus favorable. Ce point reste inchangé par rapport à l’ancien régime.
La mensualisation lissée sur 30 jours : une perte discrète
Désormais, l’indemnisation est calculée sur une base de 30 jours par mois, quel que soit le nombre réel de jours dans le mois. Résultat : les allocataires perdent environ 5 jours d’indemnisation par an (6 en année bissextile), à condition de ne pas avoir épuisé leurs droits.
Exemple concret : un senior de 54 ans indemnisé à hauteur de 1 500 € par mois perd environ 250 € sur une année pleine à cause de cette mensualisation.
La dégressivité des hauts revenus abaissée à 55 ans
Pour les demandeurs d’emploi percevant une allocation journalière supérieure à 92,12 € (soit environ 2 760 € d’indemnité mensuelle, correspondant à un salaire brut d’environ 4 900 € par mois), la baisse de 30 % appliquée après 6 mois d’indemnisation ne s’applique plus à partir de 55 ans. Auparavant, ce seuil était fixé à 57 ans.
Exemple concret : un senior de 56 ans avec une allocation journalière supérieure à ce seuil conserve son niveau d’indemnisation sans réduction pendant toute la durée de ses droits.
| Domaine | Avant réforme 2025 | Après réforme 2025 |
|---|---|---|
| Âge d’accès aux durées longues | 53 ans | 55 ans |
| Période de référence activité (seniors) | 36 mois (55 ans et +) | Inchangé |
| Dégressivité sur hauts revenus | Non appliquée à partir de 57 ans | Non appliquée à partir de 55 ans |
| Mode de calcul mensuel | Calendrier réel (28/30/31 jours) | Lissé sur 30 jours |
Maintien des droits jusqu’à la retraite : l’âge suit la réforme de 2023
Le dispositif de maintien des droits chômage jusqu’à la retraite à taux plein est toujours en place, mais son âge de déclenchement évolue avec le relèvement progressif de l’âge légal. Pour la génération née en 1968, cet âge est fixé à 64 ans. Pour les générations antérieures, il augmente de 2 mois par an.
Les conditions d’accès restent inchangées : avoir été indemnisé pendant au moins 1 an et justifier de 100 trimestres validés. Ces critères permettent d’éviter toute interruption de revenus entre la fin des droits chômage et le départ effectif à la retraite.
D’autres profils également concernés par la réforme
La réforme ne se limite pas aux seniors. Plusieurs ajustements touchent d’autres catégories de demandeurs d’emploi.
- Les saisonniers : la condition d’affiliation passe de 6 à 5 mois sur 24 mois, avec une indemnisation minimale garantie de 5 mois.
- Les démissionnaires : toujours non indemnisés par défaut, sauf cas de démission légitime ou de reconversion professionnelle reconnue. Un réexamen reste possible après 121 jours de chômage.
- Les créateurs d’entreprise : le cumul avec une activité non salariée est limité à 60 % des droits restants. Le second versement de l’ARCE est conditionné à l’absence de CDI.
- Les ex-détenus : les personnes ayant travaillé sous contrat pénitentiaire sont désormais éligibles à l’allocation de retour à l’emploi (ARE), au même titre que tout salarié.
Ce qui est entré en vigueur, ce qui ne l’est pas
Toutes les mesures annoncées lors de la réforme n’ont pas été mises en place. La baisse de la cotisation patronale chômage est bien effective depuis le 1er mai 2025, passant de 4,05 % à 4 % du salaire brut. En revanche, la réduction de la durée minimale d’affiliation à 5 mois pour ouvrir des droits n’a pas été retenue à ce jour.
En 2026, aucune nouvelle évolution majeure ne modifie les conditions d’indemnisation. Les règles issues de la réforme d’avril 2025 continuent de s’appliquer.
Sur le plan budgétaire, l’Unédic estime que ces mesures permettront d’économiser entre 2,3 et 3,6 milliards d’euros sur 4 ans. Mais avec un taux d’activité des 55-64 ans d’environ 56 % (Insee, 2023) et 45 % des recruteurs qui hésitent à embaucher des seniors (Apec, 2024), la question reste entière : ces économies se feront-elles au détriment de la sécurité financière des personnes les plus exposées au chômage de longue durée ?
Chômage et retraite : ce qu’il faut savoir sur les trimestres validés
Une période souvent mal comprise : le délai de carence, c’est-à-dire le temps sans indemnisation juste après la fin d’un contrat, peut tout de même être pris en compte pour valider des trimestres de retraite. La condition est simple : rester inscrit à France Travail, ne pas avoir repris d’activité et avoir perdu son emploi involontairement.
Chaque tranche de 50 jours d’inscription à France Travail permet de valider un trimestre pour la retraite, dans la limite de 4 trimestres par an. Cette règle s’applique même sans percevoir d’allocation chômage.
Questions fréquentes
Les personnes inscrites avant le 1er avril 2025 sont-elles concernées ?
Pas automatiquement. Ce qui compte, c’est la date de fin de contrat de travail. Si elle est antérieure au 1er avril 2025, les anciennes règles s’appliquent. Si elle est postérieure, les nouvelles dispositions s’appliquent, même en cas d’inscription antérieure à France Travail.
Peut-on cumuler chômage et retraite ?
Oui, sous conditions. Il est possible de percevoir l’ARE en même temps qu’une pension de retraite liquidée sans taux plein ou dans le cadre d’un cumul emploi-retraite. Dès que la retraite est perçue à taux plein, le versement de l’allocation chômage cesse.
Que se passe-t-il si je retrouve un emploi, puis le perds à nouveau après 55 ans ?
Si vous avez retravaillé au moins 6 mois, vous pouvez bénéficier d’un rechargement de vos droits. Ces nouveaux droits seront calculés selon les règles en vigueur au moment de la nouvelle perte d’emploi, ce qui peut s’avérer plus avantageux après 55 ans.
Les seniors sont-ils prioritaires pour les formations France Travail ?
Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus bénéficient d’un accès facilité à certaines formations, notamment celles favorisant un retour rapide à l’emploi. Certaines de ces formations ouvrent également droit à une prolongation de la durée d’indemnisation.
Quelle différence entre salaire brut et salaire retenu pour calculer l’ARE ?
Le salaire brut inclut l’ensemble de votre rémunération avant déductions. Pour le calcul de l’ARE, seuls certains éléments sont retenus : salaire de base, primes habituelles, indemnités de congés payés. Les indemnités de rupture, primes exceptionnelles et remboursements de frais sont exclus. Le salaire de référence est donc généralement inférieur au salaire brut global.
