Service militaire et retraite : la date de 1992 qui change tout pour vos trimestres
28 mars 2026
Ces métiers du bâtiment que tout le monde fuit et qui affichent des salaires de cadre
29 mars 2026Une fracture invisible entre les territoires
En France, la délinquance ne se répartit pas au hasard. Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), à peine 1 % des communes — soit environ 350 — concentrent à elles seules entre 38 % des cambriolages de logements et 82 % des vols violents sans arme en 2025. Autrement dit, des milliers de villages vivent quasiment sans incident, pendant que quelques zones urbaines et périurbaines portent l’essentiel du fardeau.
Ce déséquilibre n’est pas nouveau. Dès 2016, ce même 1 % de communes rassemblait déjà 44 % des cambriolages et 58 % des vols violents sans arme. Les analyses pour 2024 situent encore ce chiffre autour de 41 %. La géographie de l’insécurité, elle, reste remarquablement stable dans le temps.
58 % des communes sans aucun fait enregistré
L’autre face de cette réalité est moins souvent racontée : en moyenne, 58 à 59 % des communes françaises n’enregistrent aucun fait selon les indicateurs officiels, contre 61 % en 2016. C’est une majorité silencieuse, loin des projecteurs médiatiques.
Toutes les infractions ne se comportent pas de la même façon. Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement, par exemple, sont bien plus diffuses : elles touchent environ 79 % des communes. Dans le seul département du Rhône, on recense 16 532 victimes, soit 8,6 pour 1 000 habitants. À l’inverse, les vols avec arme restent confinés à environ 5 % des communes.
Auvergne-Rhône-Alpes : troisième région la plus cambriolée
Parmi les régions les plus exposées, Auvergne-Rhône-Alpes se distingue nettement. L’Insee recense pour 2022 quelque 30 655 cambriolages ou tentatives de logements dans la région, soit 7 faits pour 1 000 logements, contre 5,8 pour 1 000 au niveau national. La région se classe troisième derrière l’Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Près de trois cambriolages sur quatre y surviennent en zone urbaine, principalement dans les grandes aires d’attraction de Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand. Les données 2025 du SSMSI confirment cette pression département par département.
Les chiffres département par département
Le Rhône enregistre 7 154 cambriolages de logements, soit 7,3 pour 1 000 logements, et 4 780 vols violents sans arme. L’Isère suit avec 5 713 faits pour un taux de 8,4 pour 1 000, et la Loire comptabilise 2 993 cambriolages (7,3 pour 1 000) ainsi que 992 vols violents. L’Ain affiche quant à lui le taux le plus élevé du groupe : 2 897 faits pour 8,7 pour 1 000 logements.
Ces chiffres placent plusieurs départements de la région nettement au-dessus de la moyenne nationale, quelle que soit l’infraction considérée.
Pourquoi certaines communes sont systématiquement ciblées
Trois facteurs se cumulent pour expliquer cette surexposition : densité urbaine élevée, accessibilité routière structurante et niveau de vie marqué dans certains secteurs. À densité comparable, les communes les plus aisées ou celles marquées par de fortes inégalités de revenus enregistrent davantage de cambriolages. Les couronnes pavillonnaires autour de Lyon, Saint-Étienne ou Grenoble réunissent précisément ces caractéristiques.
Le résultat est sans appel : 10 des 50 communes les plus cambriolées de France se situent dans le Rhône, l’Ain ou la Loire. Dans certaines communes de l’Ain, comme Saint-André-de-Bâgé ou Polliat, la part de logements cambriolés atteint 3,6 % sur une seule année. Une précision s’impose cependant : en 2018, environ 55 % des faits enregistrés étaient des tentatives non abouties, ce qui nuance l’ampleur réelle des préjudices subis.
