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18 janvier 2026Cumul emploi-retraite : attention, la partie va se corser pour les seniors dès 2027 !
Un changement discret mais radical
Derrière l’air de rien, c’est une véritable petite révolution qui se prépare pour les retraités actifs : à partir de 2027, les règles du cumul emploi-retraite vont durcir sévèrement. Cette nouveauté est passée presque inaperçue lors de l’adoption du dernier budget de la Sécurité sociale, mais il va falloir réviser sa partition si l’on comptait arrondir ses fins de mois à la retraite sans trop se poser de questions.
L’économiste Philippe Askenazy ne mâche pas ses mots : pour lui, cette réforme est « plus importante que la suspension de la réforme des retraites » qui, elle, ne concernait que les générations 1964-68. Ce qui arrive, c’est du systémique : toutes les futures générations de retraités seront touchées.
Petit rappel : comment ça marche aujourd’hui ?
Avant de plonger dans le futur, jetons un œil au présent : actuellement, deux systèmes coexistent quand il s’agit de retravailler après la retraite :
- Le cumul intégral : accessible à ceux qui sont partis à la retraite à taux plein, il permet de reprendre une activité sans plafond de revenus. De quoi respirer un peu côté budget.
- Le cumul plafonné : s’applique à ceux qui quittent la vie active avant d’atteindre le taux plein. Là, les revenus sont plafonnés à 160 % du montant brut du Smic ou au dernier salaire mensuel brut – selon ce qui est le plus avantageux.
Par exemple, Jacques (prénom modifié), 61 ans, ancien poissonnier d’Ardèche, en profite depuis peu : parti en carrière longue, il cumule animations en supermarchés et pension pour s’approcher de ce qu’il gagnait auparavant… et pour « sortir, voir des gens ». Jusqu’à ses 63 ans, le plafond lui laisse environ 2 900 euros brut par mois à partager entre salaire et pension. Pas de quoi acheter un yacht, mais de quoi finir de rembourser sa maison…
Ce qui va changer : un tour de vis sur tous les fronts
Que s’est-il passé pour justifier un tel tour de vis ? La Cour des comptes, en mai dernier, avait pointé du doigt les « effets d’aubaine » générés par ce système, jusque-là plutôt encouragé par les gouvernements. Côté chiffres, en 2020, quelque 710 000 personnes s’appuyaient sur ce cumul pour arrondir leurs revenus, avec en moyenne 9 000 euros par an issus de l’activité.
Afin de limiter ces fameux effets d’aubaine, la loi de finances prévoit, à partir du 1er janvier 2027, les règles suivantes :
- Retraite prise avant l’âge légal (64 ans à terme) : 100 % des revenus d’activité seront déduits de la pension de retraite. Autant dire qu’on travaillera (presque) pour la gloire.
- Entre l’ouverture des droits et 67 ans (âge d’annulation de la décote) : la pension sera réduite de 50 % des revenus d’activité supérieurs à un seuil, susceptible d’être fixé autour de 7 000 euros annuels.
- Après 67 ans : bonne nouvelle ! Le cumul intégral redeviendra possible, sans contrainte. Enfin… à condition de vouloir ou pouvoir recommencer à travailler à cet âge !
Avec ces mesures, cumuler retraite et emploi avant 67 ans deviendra bien moins intéressant financièrement.
Qui sont les retraités concernés ? Quels impacts ?
Le rapport de la Cour des comptes montre que tout le monde est concerné :
- 27 % de cadres aux pensions élevées,
- 27 % de professions intermédiaires aux pensions modestes,
- 24 % de personnes avec carrières longues et pensions moyennes,
- 22 % dont la carrière a eu des aléas, pensions faibles, souvent des femmes.
Et l’inquiétude gronde chez les spécialistes du travail. Philippe Askenazy regrette qu’un système « qui marchait bien » pour maintenir le taux d’emploi des seniors soit si drastiquement restreint, craignant même une augmentation du travail au noir !
La retraite progressive ? Insuffisante selon lui pour remplacer le cumul, car elle reste compliquée à mettre en œuvre dans les petites boîtes.
Quant aux entreprises, la présidente d’Experconnect, Caroline Young, est agacée : « Les entreprises ont désespérément besoin de compétences pointues, car les cohortes qui sortent du marché du travail sont beaucoup plus nombreuses que celles qui y entrent. » Elle estime par ailleurs que si un senior s’arrête à 64 ans et reste inactif deux ou trois ans, il devient inemployable… alors l’idée de reprendre le boulot à 67 paraît, selon elle, assez irréaliste. Difficile de convaincre le patron qu’après une pause aussi longue, la reprise sera un jeu d’enfant !
En résumé : si vous comptez sur le cumul emploi-retraite pour mettre un peu de beurre dans les épinards lors de vos jeunes années de retraité, préparez-vous à revoir vos calculs. Dès 2027, la recette va changer, alors autant garder un œil bien ouvert sur ses projets… et sur la prochaine réforme potentielle. La retraite n’est décidément (plus) un long fleuve tranquille !
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