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5 janvier 2026Il y a des défis qui ne s’improvisent pas : reprendre la craie, chausser ses chaussures de marche (pour traverser tous les couloirs d’école) et replonger dans le grand bain de l’enseignement… à 68 ans ! C’est pourtant le pari un peu fou relevé par Patrick Chaplault, ancien instituteur à Meaux, qui a accepté de témoigner sur les dessous d’un métier aussi noble que bousculé.
Quand l’Éducation nationale appelle (à l’aide), Patrick répond présent !
En 2016, Patrick Chaplault quittait les bancs de l’école, non sans émotion, après 40 ans de service principalement auprès des enfants de CP. Passionné par la transmission et l’apprentissage, il pensait profiter d’une retraite bien méritée à Meaux. Mais voilà, la pénurie d’enseignants frappe et, fin 2021, l’Éducation nationale lance un appel d’urgence aux retraités. Le nord de la Seine-et-Marne est particulièrement touché : recruter devient mission impossible. La directrice académique, Valérie Debuchy, n’hésite plus à solliciter les anciens.
Autour de Patrick, c’est l’hésitation, voire le refus catégorique : « Aucun de mes collègues retraités ne voulait y retourner ! » Mais Patrick, lui, préfère juger sur pièces. Fin 2022, après avoir contacté l’Académie, il revêt à nouveau son tablier de maître d’école. Motif : se rendre utile, se confronter à la réalité, et satisfaire sa curiosité sur l’évolution de l’école six ans après l’avoir quittée.
Remplacement express : chaque matin, une nouvelle aventure
Le quotidien est loin d’être routinier. Patrick est parachuté chaque jour dans une école différente de Meaux. Il découvre ainsi tous les niveaux, de la maternelle au CM2, pour assurer des remplacements au pied levé. Pas le temps de s’ennuyer ! Mais il y a un hic : « On nous prévient le matin, on ne sait pas toujours quoi faire, ni où en sont les élèves dans le programme. » Heureusement, Patrick a toujours un as – ou plutôt quelques cours – dans son cartable, pour occuper les enfants.
- Découverte de nouveaux élèves et collègues chaque jour
- Adaptation éclair aux situations imprévues
- Parfois, le flou artistique sur la suite du programme
Côté élèves, peu de changement visible, si ce n’est un « détail » d’importance : l’omniprésence des écrans, responsables selon lui d’une concentration en chute libre. Hélas, le programme scolaire, lui, n’a pas vraiment évolué pour s’adapter à ces nouveaux profils.
L’école, les paradoxes et le mal-être : le cri d’alarme d’un passionné
Patrick ne mâche pas ses mots. Oui, il aime ce métier et le redit à qui veut l’entendre. Mais il pointe l’éléphant au milieu de la classe : « Les programmes ne sont adaptés qu’à une catégorie d’enfants. On fait croire que l’école est pour tous, mais souvent, seuls un tiers comprennent les notions. On doit finir coûte que coûte le programme, quitte à générer de l’échec scolaire. »
Son retour lui a permis de ressentir un malaise grandissant :
- De nombreux enseignants en arrêt maladie ;
- Des collègues dévoués, mais découragés par le système ;
- Des enfants qui subissent, eux aussi, cette morosité ambiante.
Loin d’être un cas isolé, l’Académie de Créteil fait face à des difficultés aiguës, mélangeant diversité sociale et élèves aux bases très différentes. Les nouveaux enseignants, souvent sans expérience ni formation poussée, peuvent vite se décourager : Patrick relate ainsi le cas d’une jeune enseignante ayant démissionné dans l’année.
Bilan, solutions et espoir : la transmission continue !
Après six mois à écumer les écoles, Patrick livre un diagnostic franc : « Je ne regrette pas, mais je ne le referais pas. Il faut beaucoup d’enthousiasme et de forme physique ! » À 66 ans (et non 68, qu’on se le dise…), il a pourtant écrit un livre-témoignage sur ses quarante ans d’enseignement suivis de ce retour sur le terrain en qualité de contractuel.
Pour lui, le salut passe par des solutions concrètes :
- Revenir à l’apprentissage solide de la lecture, « la seule matière qui sert toute la vie » ;
- Mobiliser les parents autour de l’école ;
- S’assurer de la compréhension, et non du simple passage de notions ;
- Encourager les élèves, car « chaque enfant a un talent », loin de tout défaitisme.
Les enseignants n’ont jamais perdu leur engagement – c’est le système qui patine, à force de politiques inadaptées. Mais, foi de Patrick, l’espoir subsiste : parler, transmettre, ne pas céder à la négativité. L’école peut encore se réinventer. Chiche ?
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