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14 février 2026Le Plan d’épargne retraite (PER), ce cher compagnon des longues soirées d’optimisation fiscale, pourrait bien perdre de sa superbe chez les épargnants les plus chevronnés. Une proposition récente vient en effet bousculer un dispositif que beaucoup pensaient intouchable, et fait trembler plus d’un retraité ou futur retraité. Le sujet du moment : les avantages fiscaux liés aux versements après 70 ans risquent de passer à la trappe, de quoi faire froncer pas mal de sourcils.
Le PER, pilier de la transmission patrimoniale… menacé ?
Pendant longtemps, le Plan d’épargne retraite a été salué comme un moyen flexible et avantageux pour organiser non seulement sa retraite, mais aussi préparer la transmission de son patrimoine. Nombreux sont ceux pour qui le PER est devenu un réflexe : on continue d’y verser chaque année une part d’épargne, même après avoir vu passer 70 printemps, espérant ainsi lisser sa fiscalité d’aujourd’hui tout en assurant une transmission en douceur.
Mais voilà, cette mécanique bien huilée est sur le point d’être remise sur le métier : une récente proposition vise explicitement ces versements réalisés après 70 ans, rendant leur avantage fiscal plutôt fragile…
Un amendement qui fait l’effet d’une douche froide
Début janvier, le sujet a fait irruption au sein de la Commission des finances de l’Assemblée nationale grâce à un amendement soutenu par le groupe Socialistes. Son principe est simple, voire radical : une fois la barre des 70 ans franchie, les versements volontaires effectués sur un PER ne seraient plus déductibles du revenu imposable. Autrement dit, ce qui faisait le charme (et l’efficacité) du PER pour les épargnants seniors disparaîtrait avec l’âge. Oui, rien que ça.
Aujourd’hui, aucune limite d’âge : tant que les plafonds sont respectés, peu importe votre nombre de bougies, chaque versement peut être déduit de votre revenu. Certains conseillers patrimoniaux racontent d’ailleurs voir régulièrement des clients retraités continuer à alimenter leur PER, parfois avec de petits montants, dans une logique bien huilée d’optimisation fiscale et successorale. Mais c’est justement cette souplesse qui dérange les auteurs du texte.
Selon eux, autoriser les versements déductibles jusqu’au décès, c’est offrir une exonération quasi totale d’impôt sur le revenu, aussi bien pour l’épargnant que pour ses héritiers — un don du ciel jugé excessif, surtout par les temps qui courent pour les finances publiques.
Rien n’est joué : le feuilleton législatif s’annonce long
Avant de tirer un trait sur l’avantage fiscal à partir de 70 ans, il vaut mieux garder son sang-froid : le parcours législatif ne fait que commencer. Le texte, pour l’heure, n’a recueilli qu’un avis favorable en commission. Il lui faudra passer le cap de l’hémicycle devant tous les députés, puis celui du Sénat. Bref, le chemin promet d’être semé d’incertitudes et, qui sait, de rebondissements.
Pour les habitués du genre, ce débat n’a rien d’une première. Régulièrement, la fiscalité du PER refait surface lors des discussions budgétaires :
- Ces derniers mois, plusieurs amendements ont déjà tenté de restreindre les avantages fiscaux du PER.
- Certains allaient jusqu’à vouloir imposer la liquidation du plan au moment du départ à la retraite.
- À ce stade, aucune de ces propositions n’a abouti, mais la tendance n’est pas à la stabilité.
Patience et vigilance : deux alliés pour l’épargnant
Aujourd’hui, les règles restent inchangées : il n’existe aucune limite d’âge pour détenir un PER ni profiter de la déduction sur les versements. Pour les salariés, les versements déductibles peuvent atteindre jusqu’à 10 % des revenus professionnels nets, dans la limite de 35 194 euros, ou un minimum de 4 114 euros si c’est plus avantageux. Les travailleurs indépendants, eux, jouissent même de plafonds encore plus confortables.
Dans ce climat incertain, une certitude subsiste : les détenteurs de PER ont tout intérêt à suivre de près les prochaines évolutions, comme ne manquent jamais de le rappeler la Direction générale des finances publiques ou l’Autorité des marchés financiers. Les dispositifs jugés trop favorables peuvent être modifiés… plus vite qu’il n’y paraît.
En attendant d’y voir plus clair, la prudence est de rigueur : avant de sauter sur l’occasion pour verser après 70 ans, mieux vaut prendre conseil auprès d’un professionnel et garder une certaine flexibilité dans sa stratégie. Après tout, en matière d’épargne retraite, anticiper reste le meilleur allié, tout âge confondu.




