781 millions d’euros, c’est le montant récupéré par la sécurité sociale lors des redressements effectués par ses services en 2009, ce qui représente une hausse de 70% par rapport à 2008. Le non-paiement de cotisations sur les primes, avantages en nature, intéressement ou participation arrivent en tête des régularisations
L’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS) – organisme chargé d’encadrer les URSAFF – vient de publier un bilan provisoire des montants récupérés par les inspecteurs des URSAFF dans leur chasse aux impayés. Qu’elles soient la conséquence d’une fraude, d’une erreur ou d’un oubli, les sommes récupérées s’élèvent à 781 millions d’euros en 2009 – soit 70% de plus qu’en 2008 – contre « seulement » 213 millions d’euros de restitution en faveur des cotisants. Suite aux multiples contrôles, l’ACOSS peut donc annoncer un gain de 570 millions d’euros pour les finances de la Sécurité sociale (contre 200 millions en 2008).
Meilleur ciblage de la part des URSSAF
Après deux années de léger recul – imputées prioritairement à la réorganisation nationale subie par les URSSAF – cette importante progression s’explique par les moyens mis en place pour effectuer les opérations de contrôle. Ainsi, selon l’ACOSS, des améliorations ont été effectuées au niveau du ciblage des « entreprises cotisantes à risque », notamment sur les grosses entreprises de plus de 200 salariés. Cela permet aux inspecteurs de l’organisme de se focaliser sur les cas les plus suspects. Signe de cette amélioration, en dix ans, le taux de redressement (c’est-à-dire le nombre d’entreprises redressées par rapport à l’ensemble des entreprises contrôlées) est passé de moins de 40% à 63% aujourd’hui.
Désormais les inspecteurs ont accès aux mouvements bancaires ainsi qu’aux relevés des opérateurs de téléphonie des entreprises contrôlées et sont informés de toutes procédures de travail dissimulé établies par un organisme en charge de la lutte contre le travail illégal (les impôts, l’inspection du travail, la police, …).
En 2009, une entreprise sur cinq de plus de 200 salariés (20%) a fait l’objet d’un contrôle de l’URSSAF, épargnant par la même les plus petites structures. En effet, le taux de contrôle n’est que de 12 % pour les entreprises dont l’effectif est compris entre 10 et 200 salariés et de 3% pour celles de moins de 10 salariés.
Les avantages en natures : premières cibles de redressement
Les inspecteurs de l’URSSAF privilégient le contrôle des rémunérations non-soumises à cotisations tels que les primes, avantages en nature, intéressement ou participation. Dans ce cadre, ce sont les avantages en nature, notamment le bénéfice de véhicule de fonction, qui sont les plus pénalisés en 2009. En grande majorité, ces rémunérations dépassent les plafonds autorisés par la loi.
Suit en deuxième position le non respect des règles dérogatoires en faveur de l’emploi. Il s’agit pour l’essentiel de fraude ou d’erreur dans le calcul des différents allégements de charges dont bénéficient les entreprises pour les bas salaires.
Enfin, le podium est complété par les frais professionnels non justifiés (note de frais, …)
A noter, que les contrôles donnent lieu chaque année à plus de 10.000 condamnations pénales.


Vos réactions
4 CommentairesBonjour,
Je ne suis pas d'accord avec la présentation des entreprises faite par cet article. En effet, on évoque trop la fraude, dès le titre, et même dans la conclusion (condamnations pénales) alors que la plupart des redressements sont dus à des erreurs dans l'application de la législation sociale.
Cette législation est très complexe notamment lorsque l'on évoque les allégements pour bas salaires.
Il est vrai que l'article évoque aussi les erreurs mais le sentiment global que l'on a à sa lecture est celui de la "fraude" des entreprises, ne serait qu'à la consultation du titre.
Bertrand Wambeke
Avocat au Barreau de Lille
Spécialiste en droit social
http://avocats.fr/space/bertrand.wambeke
Qu'elles soient dues à de la malveillance ou à une erreur, il s'agit tout de même de fraudes sociales, ce qui explique le titre de cette actualité.
Après, je suis tout à fait d'accord avec vous quant à la complexité de certaines lois (notamment les lois Fillon et Aubry 1,2, ...) sur les allègements dégressifs de charge sur les plus bas salaires.
C'est justement grâce aux commentaires (comme le fait le votre) sur les articles, qu'il est possible de rappeler que beaucoup de redressements trouvent leur origine dans une erreur sans intention frauduleuse.
Pour terminer, je rappellerai tout de même qu'en visant les entreprises de plus de 200 salariés en priorité, les inspecteurs de l'Urssaf ont tout de même plus de chance de tomber devant un comptable qui est censé bien maîtriser les mécanismes des lois permettant des allègements fiscaux ... ce qui rend toutes erreurs un peu plus suspects à mon avis.
La fraude est délibérée mais l'erreur ne l'est pas.
Cela dit, je vois que nous nous rejoignons sur le reste et vous remercie de votre réponse.
En ce qui concerne le contrôle des entreprises de plus de 200 personnes, il est également intéressant pour les inspecteurs du recouvrement car le montant des rendressements y est plus élevé du fait de l'importance de l'effectif.
Ainsi, en passant le même temps parfois que dans une entreprise de 15 personnes, l'inspecteur qui contrôle une entreprise bien structurée de 300 personnes avec comptabilité et paie centralisées pourra opérer d'éventuels redressements bien plus importants. C'est ainsi l'efficacité économique du contrôle qui est améliorée.
Bien cordialement
Bertrand Wambeke
Avocat
http://avocats.fr/space/bertrand.wambeke
Pour compléter cette information, je vous invite à consulter une étude de PwC sur les fraudes en entreprise : Fraude en entreprise : une évolution importante et inquiétante
Cordialement,