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Les appels de démarchage téléphonique, souvent perçus comme une nuisance, pourraient bientôt connaître un tournant décisif. Alors que les Français subissent des milliers de sollicitations commerciales non consenties chaque année, une réforme législative ambitieuse se précise.
Prévue pour 2026, cette mesure vise à interdire purement et simplement le démarchage téléphonique sans accord préalable, tout en étendant l’interdiction à d’autres canaux comme les emails, SMS ou réseaux sociaux.
L’interdiction totale du démarchage non consenti
Le projet de loi, soutenu par le gouvernement et les deux chambres du Parlement, prévoit une interdiction générale des appels commerciaux non sollicités. Cette mesure s’appliquerait à tous les secteurs, mais cible particulièrement les domaines de la rénovation énergétique et de l’adaptation des logements, souvent pointés du doigt pour leurs pratiques agressives.
Contrairement au système actuel de Bloctel, qui repose sur une inscription volontaire des consommateurs, la nouvelle réglementation inverserait la charge de preuve : les entreprises devraient désormais obtenir un consentement explicite avant toute prise de contact. Cette approche radicale vise à mettre fin aux appels répétés et aux stratégies de contournement observées ces dernières années.
Les secteurs visés par la nouvelle réglementation
La réforme cible spécifiquement les secteurs à haut risque de démarchage abusif :
- Rénovation énergétique : isolation, panneaux solaires, chaudières.
- Adaptation des logements : aménagements pour personnes âgées ou handicapées.
- Services financiers : crédits, assurances, prêts.
Ces domaines, souvent associés à des pratiques commerciales contestables, devraient voir leurs activités de prospection strictement encadrées. Les sanctions pour non-respect de la loi pourraient inclure des amendes et des interdictions d’exercice pour les entreprises récalcitrantes.
Le calendrier et les étapes de mise en œuvre
La procédure législative a été accélérée pour garantir une adoption rapide. Une commission mixte paritaire (CMP) s’est réunie le 6 mai 2025 pour harmoniser les versions du texte entre le Sénat et l’Assemblée nationale. Cette étape clé devrait aboutir à un vote définitif avant l’été 2025, permettant une mise en œuvre effective en 2026.
Le gouvernement mise sur cette réforme pour répondre à une demande sociale forte : 78 % des Français jugent le démarchage téléphonique « insupportable », selon une récente étude. La suppression de Bloctel, critiqué pour son inefficacité, fait partie des mesures attendues.
Les mesures actuelles pour limiter les appels indésirables
Les plages horaires autorisées
Depuis le 1ᵉʳ mars 2023, les appels commerciaux sont strictement encadrés :
- Horaires : du lundi au vendredi, entre 10h-13h et 14h-20h.
- Interdictions : week-ends, jours fériés et heures de repas (sauf consentement explicite).
Ces règles, issues du décret n°2022-1313, visent à protéger les consommateurs des sollicitations intempestives. Les entreprises qui enfreignent ces plages horaires s’exposent à des sanctions administratives.
La limitation du nombre d’appels
Une autre mesure phare : 4 appels maximum par mois et par personne. Ce plafond s’applique quel que soit le secteur d’activité. Les professionnels doivent respecter un délai de 60 jours après un refus explicite avant de recontacter un client.
Ces restrictions, bien que salutaires, restent difficiles à faire respecter. De nombreux consommateurs signalent des appels répétés, notamment de la part de sociétés utilisant des numéros masqués ou des appels internationaux pour contourner les règles.

Le droit de refus et ses conséquences
Les consommateurs peuvent refuser catégoriquement tout démarchage lors d’un appel. Cette opposition doit être enregistrée par l’entreprise et entraîne une interdiction de recontact pendant deux mois.
Malgré ces dispositions, de nombreux témoignages révèlent des pratiques de contournement :
- Appels répétés sous différents prétextes.
- Changement de numéro pour éviter les listes d’opposition.
- Pression psychologique pour obtenir un consentement.
Les solutions techniques pour bloquer les numéros
Les applications tierces comme Begone
En l’absence d’outil natif sur iPhone, les applications tierces comme Begone se sont imposées comme des solutions efficaces. Ce logiciel permet de :
- Bloquer des plages de numéros (ex. : 09 XX XX XX XX).
- Télécharger des listes communautaires de numéros indésirables.
- Fonctionner en local sans collecter de données personnelles.
Begone se distingue par sa transparence : aucun stockage de données en ligne, contrairement à certaines alternatives. Son efficacité a été renforcée par des mises à jour récentes, notamment la possibilité de bloquer des numéros en temps réel.
Les limites des solutions natives des constructeurs
Contrairement à Google, qui propose des outils de blocage sur ses Pixel, Apple n’offre pas de fonctionnalité native pour filtrer les appels de démarchage. Les utilisateurs d’iPhone doivent donc recourir à des applications tierces comme Begone ou Truecaller.
Cette lacune technique explique pourquoi les appels indésirables persistent malgré les lois en vigueur. Les opérateurs télécoms, comme Orange ou SFR, proposent parfois des services de filtrage, mais leur efficacité reste limitée face aux numéros internationaux ou masqués.
L’efficacité des listes communautaires
Les listes de numéros à bloquer, partagées par la communauté, constituent une arme efficace contre le démarchage. Begone intègre désormais cette fonctionnalité, permettant aux utilisateurs de :
- Télécharger des bases de données régulièrement mises à jour.
- Contribuer à l’amélioration du système en signalant de nouveaux numéros.
Cependant, cette approche présente des risques : certains numéros légitimes (ex. : services publics) pourraient être bloqués par erreur. Les applications comme Begone mettent donc l’accent sur la précision des listes et la possibilité de désactiver des filtres en cas de faux positifs.
Bloctel : un service public critiqué mais toujours actif
Le fonctionnement du registre d’opposition
Bloctel, créé en 2016, permet aux consommateurs de s’inscrire sur une liste d’opposition pour refuser les appels commerciaux. Le processus est simple :
- Inscription en ligne sur le site officiel.
- Vérification par SMS pour confirmer l’inscription.
- Mise à jour automatique des listes des entreprises.
Malgré son utilité, Bloctel est régulièrement critiqué pour son manque d’efficacité. De nombreux utilisateurs rapportent des appels répétés, notamment de la part de sociétés étrangères ou de numéros non enregistrés dans la base de données.
Les limites et critiques du système
Les limites de Bloctel sont multiples :
- Portée géographique : les numéros internationaux ne sont pas bloqués.
- Mise à jour lente : les listes sont actualisées mensuellement, laissant un délai pour les nouveaux numéros.
- Contournement par les entreprises : utilisation de numéros masqués ou de prétextes fallacieux pour justifier les appels.
Ces lacunes expliquent pourquoi le gouvernement a décidé de remplacer Bloctel par un système plus contraignant, basé sur le consentement explicite plutôt que sur une liste d’opposition.
Les alternatives pour signaler les abus
Face aux limites de Bloctel, les consommateurs peuvent signaler les appels abusifs à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Les conditions pour déposer plainte incluent :
- Conserver la preuve de l’appel (numéro, date, heure).
- Fournir des éléments concrets sur la nature de la sollicitation.
- Résider en France pour bénéficier de la protection légale.
Ces signalements permettent à la DGCCRF d’engager des procédures contre les entreprises récalcitrantes, mais les délais de traitement restent souvent longs.
Les conséquences pour les professionnels
Les sanctions prévues pour les contrevenants
La future loi prévoit des sanctions dissuasives pour les entreprises qui enfreignent l’interdiction :
- Amendes pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique.
- Interdictions d’exercice pour les sociétés récidivistes.
- Publication des noms des contrevenants sur un registre public.
Ces mesures visent à décourager les pratiques abusives et à responsabiliser les professionnels. Les secteurs ciblés devront adapter leurs stratégies commerciales pour éviter des pénalités lourdes.
L’adaptation des pratiques commerciales
Les entreprises devront revoir leurs méthodes de prospection :
- Prioriser le consentement explicite (formulaire en ligne, signature manuscrite).
- Utiliser des canaux alternatifs : emails, réseaux sociaux, publicité ciblée.
- Former leurs équipes aux nouvelles règles pour éviter les erreurs.
Cette transition pourrait entraîner une baisse de l’activité pour certains secteurs, notamment ceux dépendants du démarchage téléphonique. Les entreprises devront donc innover pour maintenir leur chiffre d’affaires.
L’impact sur les secteurs concernés
La réforme aura un impact majeur sur les secteurs suivants :
| Secteur | Impact attendu |
|–||
| Rénovation énergétique | Baisse des appels, recours accru à l’email |
| Services financiers | Réorientation vers les canaux digitaux |
| Télémarketing | Restructuration des métiers et des outils |
Ces changements pourraient redéfinir les métiers du marketing et pousser les entreprises à adopter des stratégies plus respectueuses des consommateurs.
Conclusion
La réforme de 2026 marque une étape décisive dans la lutte contre le démarchage abusif.
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