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4 décembre 2025
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4 décembre 2025Ouvrir un compte épargne pour son enfant : la bonne idée, vraiment ? Si la tentation de placer ses économies pour assurer l’avenir de son tout-petit est forte, attention au piège, bien réel, qui attend de nombreux parents derrière la bonne intention. Décryptage d’une mission à la fois généreuse, complexe… et semée de quelques embûches inattendues.
Enfants et épargne : une réalité française, mais pas sans failles
Les Français ont la réputation de mettre de l’argent de côté. Et pas seulement pour eux-mêmes ! Selon une étude de l’Ined publiée un certain 27 novembre, près de 55 % des enfants disposent d’une épargne gérée par leurs parents.
En moyenne, ce sont 1 300 € qui dorment sur les comptes de ces jeunes épargnants. Ce chiffre, s’il peut faire rêver les tirelires, masque toutefois des inégalités criantes. Comme le souligne l’Institut national d’études démographiques, « l’épargne des enfants reflète les positions patrimoniales des parents ». En clair : qui a un gros patrimoine adulte aura aussi, sans surprise, un enfant mieux loti côté livret. Ainsi, les familles plus aisées multiplient les produits d’épargne au nom de leur progéniture, là où la plupart se contentent d’un Livret A alimenté au gré des moyens, de façon plus ou moins régulière… voire un peu machinale.
L’épargne enfant, mission à haut risque (et pas que pour le portefeuille)
La coach en finances personnelles Morgane Dion est formelle : la prévoyance parentale en matière d’épargne est une quête noble, certes, mais elle débute souvent dans le flou. Beaucoup de parents ouvrent un Livret A, y déposent 10 € quand l’envie (ou la capacité !) leur prend, sans vraiment savoir pourquoi ni dans quel but précis.
Avant de se lancer, elle recommande de se pencher d’abord sur sa propre situation :
- A-t-on des revenus stables ?
- A-t-on une épargne de précaution suffisante ?
- A-t-on son propre matelas pour ses projets ?
S’assurer de son équilibre financier, c’est un peu comme mettre son masque à oxygène dans l’avion avant d’aider son enfant : vital, et pas si égoïste qu’on pourrait le croire !
Deux autres questions incontournables suivent :
- L’âge de l’enfant (un compte ouvert pour un bébé laisse bien plus de marge que pour un adolescent proche de la majorité !)
- La finalité et la durée de l’épargne : pourquoi et pour combien de temps met-on de côté ?
Ces éléments permettent de choisir le support pertinent – livret A (risque quasi nul, accès facile), LDDS, mais aussi, pour ceux qui aiment le challenge (et acceptent une part de risque), des investissements dont la valeur peut monter… ou descendre ! Attention toutefois : investir nécessite de prévoir une durée minimale de 5 ans pour espérer compenser les inévitables hoquets de la bourse.
Le vrai piège : tout donner… pour voir tout disparaître ?
Placements, choix du produit, blocage ou non des fonds… l’affaire se corse ! Car il y a un détail de taille : si le support est au nom de l’enfant, légalement, il lui appartient et le parent ne pourra en reprendre le contrôle, sauf circonstances précises. À l’inverse, une assurance-vie souscrite au nom du parent, avec l’enfant bénéficiaire, permet de garder la main : l’argent sera débloqué le moment venu, soit à la majorité, soit selon la décision du souscripteur. Pratique pour éviter la tentation d’une razzia sur le compte le jour des 18 ans…
Ajoutez à cela la question de l’organisation familiale. Même en cas d’harmonie parfaite, une « autorisation conjointe » sur le compte de l’enfant peut éviter qu’un parent n’agisse seul, par exemple pour fermer le compte ou effectuer des virements controversés.
L’éducation financière, seule vraie parade
Car le grand piège que redoutent les parents n’est pas forcément les petits taux d’intérêt ou les frais cachés… mais la possibilité de voir leur adolescent dilapider en quelques mois l’effort de toute une enfance économisée. C’est un refrain que Morgane Dion a trop entendu : à 18 ans, sans la moindre notion de budget, certains jeunes font fondre leur petit trésor comme neige au soleil.
C’est ici que le bât blesse : « L’éducation financière doit accompagner l’épargne, et le plus tôt possible ! », martèle la coach. Les enfants intègrent très jeunes ce qu’est l’argent, et dès 3 ou 4 ans, ils comprennent qu’on ne peut pas tout acheter, que l’argent est lié au travail. Vers 10 ans, c’est le bon moment de leur parler de budget, de choix, d’épargne avec des exemples concrets, histoire de démontrer que l’argent ne pousse pas sur les arbres.
L’exemple parental est tout aussi crucial : la façon dont on gère et dont on parle d’argent à la maison laisse une empreinte durable. Des études montrent que dès 6 ans, les enfants reproduisent les attitudes financières de leurs parents. Moralité : pas de secret bancaire devant les petits, sauf à vouloir en faire des as du « shopping » compulsif !
En somme, ouvrir un compte épargne à son enfant, c’est bien… tant qu’on ne tombe pas dans le piège de croire que l’argent, laissé seul, éduque. L’accompagnement, la transmission, les discussions franches sur l’argent : voilà vos meilleurs alliés pour que votre épargne ne parte pas en fumée… à 18 ans sonnés !
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