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26 octobre 2026Le marché du travail français a connu un net retournement en 2025. Après plusieurs trimestres de relative stabilité, le taux de chômage a repris sa hausse, tirant avec lui le nombre de demandeurs d’emploi inscrits. Voici les chiffres à connaître pour comprendre où en est réellement la France sur ce sujet.
Taux de chômage en France en 2025 : les chiffres clés
Selon l’Insee, le taux de chômage au sens du BIT atteint 7,9 % au 4e trimestre 2025, ce qui correspond à environ 2,5 millions de personnes sans emploi et en recherche active. C’est 56 000 personnes de plus qu’au trimestre précédent, et une hausse de 0,6 point sur un an. Ce chiffre BIT reste la référence internationale, calculée à partir de l’enquête Emploi menée en continu auprès des ménages.
Du côté de France Travail, les chiffres suivent la même tendance mais avec des volumes différents. Fin 2025, la catégorie A, qui regroupe les demandeurs d’emploi sans aucune activité, compte 3,3 millions d’inscrits, en progression de 2,6 % sur le trimestre et de 6,8 % sur un an. En intégrant les catégories A, B et C, c’est-à-dire en ajoutant les personnes ayant exercé une activité réduite, on approche les 5,7 millions de personnes, soit une hausse de 4,8 % en un an.
| Indicateur | Valeur fin 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Taux de chômage BIT | 7,9 % | +0,6 point |
| Chômeurs au sens BIT | 2,5 millions | +56 000 sur le trimestre |
| Catégorie A (France Travail) | 3,3 millions | +6,8 % |
| Catégories A, B, C | 5,7 millions | +4,8 % |
7,9 % au 4e trimestre 2025
C’est le taux de chômage BIT le plus élevé enregistré depuis plusieurs années, marquant une dégradation progressive tout au long de l’année, avec une accélération nette sur les derniers mois.
Évolution du chômage au fil des trimestres 2025
Le premier trimestre 2025 avait débuté sur une note plutôt stable, avec un taux de chômage quasi inchangé autour de 7,4 %. Le deuxième trimestre a marqué un léger frémissement à la hausse, confirmé et amplifié au troisième trimestre. La fin d’année a scellé cette tendance avec le pic à 7,9 %.
Cette évolution trimestrielle reflète un ralentissement économique plus large. La population active continue d’augmenter légèrement, mais les créations d’emplois ne suivent plus le même rythme qu’en 2022 ou 2023. Le taux d’emploi des 15-64 ans, qui mesure la part de la population en âge de travailler effectivement en emploi, s’est également légèrement tassé, signe que l’objectif de plein emploi s’éloigne pour le moment.
Le taux d’activité, lui, reste globalement stable : les Français en âge de travailler continuent de se présenter sur le marché du travail, mais trouvent plus difficilement une place. Ce contexte alimente ce que l’Insee appelle le halo autour du chômage, c’est-à-dire ces personnes qui souhaitent travailler sans être comptabilisées comme chômeurs au sens strict, faute de recherche active ou de disponibilité immédiate.
Nombre de chômeurs par catégorie : jeunes, seniors et longue durée
Les jeunes 15-24 ans restent la catégorie la plus exposée, avec un taux de chômage nettement supérieur à la moyenne nationale. La question des NEET, ces jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, reste un point de vigilance pour les pouvoirs publics, malgré des dispositifs d’insertion renforcés ces dernières années.
Le chômage de longue durée, qui concerne les personnes inscrites depuis plus d’un an, progresse également en 2025. Cette hausse inquiète particulièrement les économistes, car elle traduit un éloignement durable du marché du travail, plus difficile à résorber qu’un chômage frictionnel de courte durée. Les seniors, de leur côté, peinent toujours à retrouver un emploi une fois licenciés, malgré un taux d’emploi global en progression sur cette tranche d’âge depuis la réforme des retraites.
Le sous-emploi, qui inclut les personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage, complète ce tableau. Il ne se confond pas avec le chômage mais participe à la même réalité : celle d’un marché du travail où l’emploi disponible ne correspond pas toujours aux besoins ou aux aspirations des actifs. Le CDI reste la norme pour la majorité des salariés, mais les embauches en contrat court se multiplient dans un contexte économique plus incertain.
Chômage BIT vs inscriptions France Travail : quelle différence ?
Les deux sources de données coexistent et sèment parfois la confusion. Le chômage au sens du BIT repose sur l’enquête Emploi de l’INSEE, menée chaque trimestre auprès d’un échantillon représentatif de ménages. Est considérée comme chômeur toute personne sans emploi, disponible sous quinze jours et ayant effectué une démarche active de recherche dans le mois précédent.
Les chiffres de France Travail (ex-Pôle emploi) comptabilisent, eux, les chômeurs inscrits sur ses listes, répartis en catégories A, B, C, D et E selon leur situation. Cette approche administrative peut différer sensiblement de la mesure BIT, car certaines personnes s’inscrivent sans rechercher activement un emploi (pour bénéficier de droits sociaux par exemple), tandis que d’autres, au chômage au sens du BIT, ne s’inscrivent pas du tout. C’est pourquoi les deux chiffres, bien que suivant des tendances proches, ne se superposent jamais exactement.
Perspectives 2026 : vers une stabilisation ou une hausse ?
Les prévisions 2026 restent prudentes. Plusieurs instituts économiques anticipent une stabilisation du taux de chômage autour de 7,8 à 8 %, sans retour rapide vers les niveaux plus favorables observés en 2023. La conjoncture dans la zone euro, marquée par une croissance modérée, ne devrait pas apporter de soutien massif à l’emploi français dans les mois qui viennent.
La Dares, service statistique du ministère du Travail, publiera ses propres analyses détaillées sur les politiques d’emploi et leur efficacité face à cette dégradation. L’enjeu pour 2026 sera de contenir la progression du chômage de longue durée et de limiter l’impact sur les jeunes actifs, deux fronts sur lesquels les résultats de 2025 appellent une vigilance particulière.
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