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13 juillet 2026Apprendre que son employeur dépose le bilan alors qu’on est en arrêt maladie inquiète forcément. Bonne nouvelle : vos indemnités journalières continuent d’être versées par la CPAM, et votre contrat de travail n’est pas rompu automatiquement du simple fait de la procédure. La suite dépend surtout de ce qui va se passer pour l’entreprise, entre redressement judiciaire et liquidation judiciaire.
Peut-on être licencié pendant un arrêt maladie en cas de dépôt de bilan ?
Le dépôt de bilan correspond juridiquement à une déclaration de cessation des paiements : l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Le dirigeant dispose en principe de 45 jours pour effectuer cette déclaration auprès du tribunal compétent. Cette démarche ouvre une procédure de redressement judiciaire ou, si la situation est irrémédiablement compromise, une liquidation judiciaire directe.
Pendant votre arrêt de travail, votre contrat reste suspendu : ni l’ouverture d’une procédure collective, ni même le dépôt de bilan en lui-même, ne mettent fin à la relation de travail. En revanche, un licenciement pour motif économique reste possible pendant l’arrêt maladie, dès lors que la suppression de poste ou la fermeture de l’entreprise le justifie. La protection contre le licenciement liée à l’arrêt maladie ne joue que si le motif invoqué est lié à l’état de santé du salarié, ce qui n’est pas le cas ici.
Dans les faits, si la liquidation judiciaire est prononcée, le liquidateur peut engager rapidement les licenciements économiques, parfois dans un délai proche de quinze jours après le jugement, même si ce chiffre varie selon la complexité du dossier.
Vos indemnités journalières sont-elles maintenues après le dépôt de bilan ?
Oui, vos indemnités journalières de la sécurité sociale continuent d’être versées tant que les conditions d’ouverture de droits sont remplies, indépendamment de la situation financière de votre employeur. La CPAM gère ce versement directement à partir de vos droits acquis, sans lien avec la santé économique de l’entreprise qui vous emploie.
Ce qui change (ou non) pour votre couverture sécurité sociale
Votre affiliation à la sécurité sociale ne dépend pas de la survie de l’entreprise mais de votre statut de salarié en arrêt maladie, tant que le contrat n’est pas rompu. Si votre arrêt est lié à une maladie professionnelle avec ses indemnités et régime spécifique, la prise en charge des soins suit des règles généralement plus favorables, sans lien non plus avec le dépôt de bilan de l’employeur.
Vérifications à faire auprès de la CPAM
Il est recommandé de contacter votre caisse pour confirmer que les bulletins de salaire nécessaires au calcul de vos indemnités journalières ont bien été transmis avant la procédure collective. En cas de licenciement économique en cours d’arrêt, signalez rapidement ce changement de statut à la CPAM pour éviter toute interruption administrative dans le versement de vos indemnités.
Redressement ou liquidation, la nuance qui change tout
En redressement judiciaire, l’entreprise poursuit son activité sous surveillance d’un mandataire judiciaire, et votre contrat continue normalement. En liquidation judiciaire, l’activité cesse et un liquidateur est nommé pour organiser les licenciements et le règlement des créances : c’est là que les délais de rupture du contrat s’accélèrent.
Quelles indemnités de licenciement allez-vous percevoir ?
Si votre contrat est rompu dans le cadre d’un licenciement pour motif économique consécutif au dépôt de bilan, vous conservez les mêmes droits que dans un licenciement économique classique. Le calcul de vos sommes dues prend en compte votre ancienneté, votre salaire de référence et les dispositions de votre convention collective.
Indemnité légale, préavis et congés payés
Vous avez droit à l’indemnité légale de licenciement, calculée selon votre ancienneté, ainsi qu’à une indemnité compensatrice de préavis si celui-ci ne peut pas être exécuté du fait de la liquidation. Les congés payés acquis et non pris doivent également vous être réglés sous forme d’indemnité compensatrice. Un point mérite d’être précisé : si vous êtes toujours en arrêt maladie au moment de la rupture, le préavis n’est pas exécuté physiquement mais son indemnisation reste due.
Le rôle de l’AGS : montants plafonnés et délais de versement
L’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés) intervient lorsque l’entreprise n’a plus les fonds nécessaires pour régler les salaires et indemnités dues. Elle prend en charge, dans des plafonds fixés par la loi, les salaires impayés, l’indemnité de licenciement, l’indemnité compensatrice de préavis et les congés payés non soldés. Le versement transite par le mandataire judiciaire ou le liquidateur, qui centralise les demandes avant transmission à l’AGS.
| Situation | Qui gère | Ce qui est versé |
|---|---|---|
| Redressement judiciaire | Mandataire judiciaire | Salaires, IJ maintenues, contrat en principe poursuivi |
| Liquidation judiciaire | Liquidateur + AGS | Indemnité de licenciement, préavis, congés payés |
Démarches à suivre pour sécuriser vos droits
Face à un dépôt de bilan de votre employeur, quelques réflexes permettent d’éviter les mauvaises surprises administratives. Rassemblez vos bulletins de salaire, votre contrat de travail et vos justificatifs d’arrêt de travail avant toute chose : ces documents serviront de base au calcul de vos créances salariales.
Déclaration de créances auprès du liquidateur : documents à fournir
Si un licenciement économique intervient, vous devrez transmettre une déclaration de créances au liquidateur ou au mandataire judiciaire, accompagnée des justificatifs de salaires impayés et d’indemnités dues. Cette déclaration permet d’inscrire officiellement votre créance dans la procédure collective et de déclencher, le cas échéant, l’intervention de l’AGS pour le paiement.
Les pièces généralement demandées comprennent :
- vos derniers bulletins de salaire ;
- votre contrat de travail et ses avenants ;
- votre lettre de licenciement, si elle vous a déjà été notifiée ;
- vos arrêts de travail couvrant la période concernée.
Gardez également un contact régulier avec la CPAM pendant toute la procédure, car un changement de statut, passage d’un contrat suspendu à une rupture effective, peut nécessiter une mise à jour de votre dossier pour continuer à percevoir vos indemnités journalières sans interruption. En cas de doute sur vos droits du salarié dans ce contexte, un spécialiste de l’outplacement individuel ou un avocat en droit du travail peut vous accompagner utilement dans ces démarches.


