
Pourquoi certains billets de 20 euros peuvent valoir une petite fortune
2 décembre 2025
“Je préfère ça que la maison de retraite” : l’idée touchante d’un fils pour son père
2 décembre 2025La retraite complémentaire, sujet qui fait trembler même les plus stoïques, s’invite à nouveau au cœur des débats parlementaires. Mais cette fois-ci, une touche d’optimisme souffle sur les épargnants… Enfin, presque. Décodage d’une actualité où chaque amendement peut faire changer la météo de votre avenir financier !
Un amendement surprise (et bienvenu ?) pour les PER
Dans le grand feuilleton du projet de loi de finances 2026, une surprise de taille a été réservée à ceux qui misent sur le plan d’épargne retraite (PER). Les députés ont tout récemment adopté un amendement qui allège un peu plus le sac à dos fiscal des épargnants. Le principe ? Étendre la période durant laquelle il est possible d’utiliser la fraction non employée du plafond de déduction des versements volontaires. Jusque-là, trois années étaient permises. Si le budget passe la ligne d’arrivée sans égratignures, on montera à cinq ans !
- Proposé par Félicie Gérard (Horizons & Indépendants) et Charles de Courson (Liot)
- L’amendement vise en particulier les jeunes actifs, moins enclins (ou moins capables) d’épargner précocement.
De quoi donner un peu plus d’aisance à celles et ceux qui démarrent tard dans la constitution de leur bas de laine retraite… et ils sont nombreux !
Le PER, une boussole fiscale (mais pas un eldorado !)
Petit rappel utile : à l’heure actuelle, un salarié peut déduire jusqu’à 10 % de ses revenus professionnels annuels via des versements sur un PER. Jusque-là, s’il n’utilisait pas tout son plafond de déduction, il pouvait reporter ses droits sur les trois années à venir. L’exemple parle de lui-même : un souscripteur touchant 50 000 euros annuels peut déduire jusqu’à 5 000 euros par an – s’il a cumulé sa déduction sur plusieurs années (et qu’il effectue, disons, un versement unique de 20 000 euros en 2025 après avoir ouvert son PER en 2022), tout est défiscalisé !
Grâce à l’amendement adopté, ce report passe à cinq ans. Les auteurs du texte l’affirment : « Cela accroîtrait utilement la capacité de déduction à l’entrée des contribuables qui souscrivent tardivement un PER ». Et ce n’est pas du luxe, car la France n’aime visiblement pas préparer sa retraite trop tôt. Selon le rapport 2023 de la Drees, le pic de souscription des PER se situe entre 50 et 59 ans – cette tranche d’âge représente 29 % des nouveaux adhérents ! Mais les experts insistent : commencer tôt n’a que des vertus pour compenser la chute de revenus à la retraite.
Des bonnes nouvelles, mais la prudence reste de mise
Guillaume Pierron, directeur général de Groupama Gan Vie, se réjouit : « Cette mesure va dans le bon sens. C’était une demande de la profession ». Pourtant, cette largesse peut paraître étonnante, surtout à l’heure où le gouvernement cherche plutôt à faire des économies qu’à offrir de nouveaux cadeaux fiscaux. N’allons pas trop vite en besogne : la carotte fiscale n’est que transitoire, puisque ces versements défiscalisés seront taxés à la sortie – que vous optiez pour la rente ou pour le capital. Pas de magie, donc !
L’univers fiscal du PER n’a pas fini de faire parler : un autre amendement, d’origine socialiste celui-là, prévoyait d’imposer la liquidation automatique du PER dès que le titulaire arrive à l’âge de départ à la retraite, histoire d’éviter qu’il ne soit gardé jusqu’au décès pour échapper à l’impôt sur le revenu. Finalement, coup de théâtre, cet amendement a été rejeté par les députés en séance publique. Aujourd’hui, chacun reste libre de sortir de son PER à sa guise – et cet esprit de liberté pourrait encore être bousculé lors du passage au Sénat, mais la droite majoritaire risque d’y opposer son veto.
Vers une zone de turbulences ?
Les experts du secteur restent néanmoins sur le qui-vive. Si le PER s’illustre comme un bon outil de complément de retraite, ce n’est pas une pilule d’optimisation fiscale miracle. Autre sujet de grogne : la menace, tenace, de voir les produits des fonds en euros du PER inclus dans l’assiette du nouvel impôt sur la fortune improductive (IFI) – situation qui prévaut déjà pour les fonds en euros de l’assurance-vie après la version du texte adoptée le 31 octobre dernier.
« Ce serait un très mauvais signal envoyé aux épargnants », prévient Guillaume Pierron, qui préfère toutefois garder la tête froide : rien n’est encore acquis ni arbitré, le projet de loi de finances pouvant encore rebondir au gré des débats parlementaires.
En résumé : savourez la bonne nouvelle pour votre PER, mais gardez un œil sur les débats et ne misez pas tout sur la défiscalisation ! L’écosystème de la retraite complémentaire bouge vite : à chacun de rester informé pour protéger au mieux sa tranquillité future.
- “Je touche 1 000€ de plus par mois” : l’astuce méconnue des retraités - 11 décembre 2025
- Succession : ce piège méconnu qui risque de vous faire perdre vos aides - 11 décembre 2025
- “J’ai hébergé un senior chez moi” : ce que la loi ne dit jamais - 10 décembre 2025


