
Retraite à l’étranger : pourquoi 400 000 pensions risquent d’être coupées cette année
22 février 2026
Partir à la retraite avant tout le monde : qui sont les 64 000 élus ?
23 février 2026Si vous avez déjà un PER (plan d’épargne retraite), ou que vous en rêvez la nuit en espérant un jour partir bronzer en Sicile avec votre pactole, attachez votre ceinture : la fiscalité évolue en 2026, et il y a du bon comme du moins bon. Voici le tour du propriétaire (mieux vaut être prévenu avant de claquer la porte du bureau pour profiter d’une retraite dorée… ou pas).
Le PER : vedette de l’épargne française
Avec 12,4 millions de souscripteurs et un encours total de 136,1 milliards d’euros, selon les derniers chiffres de France Assureurs, le PER s’impose comme le placement chouchou des Français. D’ailleurs, un million de nouveaux PER ont été souscrits rien qu’en 2025. Ce succès n’est pas dû au hasard : rémunération intéressante, cousinage avec l’assurance-vie (ho, la belle famille), et possibilité de mixer sécurité (fonds euros) et risque en quête de rendement (unités de compte).
Mais la vraie star, c’est la fiscalité. Verser sur un PER peut permettre de déduire ses versements de son revenu imposable, donc, de rogner plus ou moins joyeusement sa facture fiscale. Et c’est là que les nouveautés 2026 s’invitent à la danse…
Ce qui change : de nouveaux plafonds et plus de souplesse
Commençons par la bonne nouvelle pour les optimistes (dont les PER regorgent sûrement) : en 2026, les plafonds de déduction sont revalorisés. Comme chaque année, le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) fait grimper la barre, passant de 46 368 à 48 060 euros au 1er janvier. Et par effet domino, les bornes de déduction bougent aussi :
- Pour un salarié, un retraité ou toute personne sans activité, le plafond minimal est désormais de 4 710 euros, le maximal de 37 680 euros.
- Pour un travailleur non salarié, on passe à 4 806 euros au minimal, et 88 911 euros au sommet.
Mais comment tout cela fonctionne ? Normalement, le montant que vous pouvez soustraire du revenu imposable équivaut à 10 % de votre revenu net imposable (salarié ou retraité). Si ce montant est inférieur au plafond minimal, c’est ce dernier qui s’applique (et vous souriez un peu plus fort). Exemple : avec un revenu de 30 000 euros l’an passé, la déduction plafonnée grimpe automatiquement à 4 710 euros (car 3 000 euros, c’est trop bas). En revanche, pour 60 000 euros de revenus, on peut déduire 6 000 euros, dépassant le seuil minimal.
Un autre avantage sympathique subsiste : si vous n’avez pas utilisé tout votre plafond de déduction sur les trois années précédentes, vous aviez le droit de reporter le reliquat sur l’année en cours. Mieux encore en 2026 : ce report est allongé à cinq ans (merci, budget 2026). De quoi doper votre capacité de déduction et, potentiellement, de baisser encore plus vos impôts.
Petite astuce : le plafond personnalisé d’épargne retraite figure noir sur blanc sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Vous pouvez aussi le consulter dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr.
Les mauvaises surprises au menu 2026
Tout n’est pas rose bonbon, hélas. Premier coup de tonnerre : la déductibilité fiscale cesse à partir de 70 ans. En clair, si vous soufflez vos 70 bougies (et que vous rêviez d’encore gratter des avantages fiscaux sur votre PER), il faudra ranger la tirelire. Les versements réalisés après cet âge ne donneront plus droit à déduction.
Pourquoi cette limitation ? Parce que beaucoup, arrivés à l’âge de la retraite, préféraient conserver le PER plutôt que de le liquider afin de continuer à profiter des avantages. Les députés avaient étudié l’idée de forcer la liquidation à la retraite, mais c’est une version édulcorée et moins radicale qui s’est imposée. Donc, après 70 ans, vous pouvez garder votre PER, mais sans les faveurs de l’administration fiscale côté impôt sur le revenu.
Deuxième nouveauté, un peu plus douloureuse pour les épargnants : la Contribution Sociale Généralisée (CSG) grimpe pour plusieurs placements, dont le PER. Alors que les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) grignotaient jusqu’ici 17,2 % de la plus-value, ils passent à 18,6 % en 2026.
Ajoutez à cela le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % pour l’impôt sur le revenu, et voilà que les gains à la sortie d’un PER seront désormais taxés à 31,4 % (contre 30 % auparavant). Bref, l’État reprend un peu plus de gâteau.
Conclusion : un PER toujours attractif, mais à surveiller de près
La fiscalité du PER en 2026 joue la carte des contrastes : des plafonds plus généreux, un report allongé pour optimiser sa défiscalisation sur cinq ans, mais aussi un tour de vis pour les souscripteurs après 70 ans et une hausse des ponctions sociales sur les plus-values. Le PER conserve ses atouts, mais il réclame – plus que jamais – d’être utilisé avec finesse… et de garder l’œil ouvert, car la fiscalité, elle, ne prend (hélas) jamais sa retraite.




