Retraite Agirc-Arrco : ce que les nés en 1964-1965 doivent absolument savoir sur le décret carrières longues
31 mars 2026
Attestation fiscale Agirc-Arrco : le document que presque aucun retraité ne consulte (et qui peut tout changer)
31 mars 202628 % d’écart. Et ce n’est pas une fatalité.
En 2023, les femmes nouvellement retraitées percevaient en moyenne une pension inférieure de 28 % à celle des hommes. Derrière ce chiffre, des années de temps partiel, de congés maternité, de périodes d’aidance ou de chômage. Des choix de vie, souvent contraints, qui ont laissé des trous dans la durée d’assurance.
Mais voilà ce que l’on dit moins souvent : à 55, 58 ou 62 ans, la partie n’est pas terminée. Quelques décisions prises au bon moment peuvent encore changer durablement le montant de votre retraite.
Pourquoi les dernières années de carrière sont si décisives
Les générations nées à partir de 1966 doivent valider 172 trimestres — soit 43 années — pour obtenir leur retraite à taux plein. Sans ce quota, la pension de base est calculée avec une décote. Et le taux plein n’est accordé automatiquement qu’à 67 ans.
Partir trop tôt, avec des trimestres manquants, peut entraîner une minoration définitive allant jusqu’à 25 %. Définitive, c’est le mot qui compte. Parce que les femmes vivent en moyenne plus longtemps, cette perte se répercute sur des dizaines d’années de retraite.
Les parcours féminins sont plus souvent hachés : temps partiel, congés parentaux, périodes d’aidance. Ces épisodes génèrent surtout des trimestres dits « assimilés », pas des trimestres cotisés. La nuance est technique, mais elle pèse lourd au moment du calcul.
Ce que vous pouvez encore faire, concrètement
Vérifier son relevé de carrière dès 55 ans
Le relevé individuel de situation est accessible en ligne. À 55 ans, il est temps de l’éplucher. Des périodes peuvent avoir été mal prises en compte : anciens emplois, congés maternité, chômage indemnisé. Les corriger peut faire gagner plusieurs trimestres, sans rien débourser.
Si un déficit persiste après régularisation, le rachat de trimestres (études ou années incomplètes) est envisageable. Il reste coûteux et doit être évalué au cas par cas, en comparant le coût du rachat au gain réel sur la pension.
Comprendre le dispositif carrière longue
Ce dispositif permet de partir avant l’âge légal, à condition d’avoir commencé à travailler jeune. Il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 21 ans (4 pour une naissance au dernier trimestre), et avoir une durée d’assurance cotisée proche des 172 trimestres.
Les trimestres assimilés — maladie, chômage, maternité — ne sont comptés qu’en nombre limité dans ce calcul. Ce qui complique l’accès pour les parcours féminins interrompus. À noter : à partir de septembre 2026, jusqu’à 2 trimestres « enfant » pourront être intégrés dans le décompte. Un point de situation à cette date s’imposera donc.
Envisager la retraite progressive
Disponible dès 60 ans, avec au moins 150 trimestres validés, la retraite progressive permet de réduire son activité entre 40 % et 80 % d’un temps plein, tout en percevant une fraction de sa pension. Sept bénéficiaires sur dix sont des femmes.
Pendant cette période, les cotisations continuent de s’accumuler, même sur un salaire réduit. C’est une façon de ménager sa fin de carrière sans sacrifier ses droits futurs.
Le récapitulatif à garder sous la main
Trois actions concrètes à planifier avant de décider d’une date de départ :
- Corriger son relevé de carrière vers 55 ans pour ne laisser échapper aucun trimestre récupérable.
- Simuler plusieurs scénarios de départ : taux plein, carrière longue, retraite progressive, ou départ pour raisons de santé. Chaque situation a son calcul.
- Évaluer l’intérêt d’un rachat de trimestres et ajuster son épargne pour absorber la baisse de revenus lors de la transition.
La retraite n’est pas un événement qui arrive. C’est une décision qui se prépare, trimestre par trimestre.
