
5 % de pension en plus chaque année : ce décalage change tout
11 février 2026
“Je touche 3000€ par mois” : ma future retraite va vous surprendre
11 février 2026Voilà le genre de paradoxe qui fait froncer les sourcils – et parfois sourire les retraités aux aguets des subtilités fiscales : deux voisins, même pension totale sur l’année, mais à l’arrivée, un écart spectaculaire sur l’impôt à payer. Le secret ? Une histoire de répartition et de seuils… typiquement française, évidemment.
Un même montant brut, des nets très différents
- Deux situations bien réelles : à gauche, un retraité encaissant 36 000 € par an, grâce à une unique pension de 3 000 € chaque mois.
- À droite, un couple de concubins percevant chacun 1 500 €, soit deux pensions pour un total identique (36 000 € par an).
Jusque-là, tout va bien : que l’on parle de « gros » ou de « deux moyens », sur le papier, c’est la même somme. Sauf que le fisc, lui, distingue soigneusement ces cas au moment de faire les comptes. Après impôt et prélèvements sociaux : attention aux surprises !
Les arcanes du calcul de l’impôt : abattement, parts et barème progressif
Derrière le paradoxe se cache un cocktail bien français :
- Le fameux barème progressif de l’impôt sur le revenu.
- Le quotient familial : le nombre de parts du foyer fiscal.
- Le Revenu fiscal de référence (RFR) : le sésame qui détermine, entre autres, le taux de CSG à appliquer sur les retraites.
Voici la recette officielle :
- On prend le revenu net imposable, réduit d’un abattement automatique de 10 % pour les pensions (avec un minimum de 450 € par retraité, plafond de 4 399 € par foyer).
- On divise cette somme par les parts fiscales, on applique le barème en vigueur (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 % en 2024).
- On multiplie le résultat par le nombre de parts. Simple comme bonjour !
Résultat ? Notre retraité seul voit ses 36 000 € annuels ramenés à 32 400 € imposables. Direction la tranche à 30 % du barème, pour un impôt proche de 2 900 €. Côté concubins, chacun ramène son revenu à environ 16 200 €, pour… 500 € d’impôt chacun, soit un peu plus de 1 000 € à deux.
Conclusion intermédiaire : sur une même base brute, séparer un gros revenu en deux moyens favorise le contribuable grâce à la progressivité de l’impôt. Magique, non ?
Les prélèvements sociaux mettent aussi leur grain de sel
Les pensions subissent également :
- La CSG (Contribution sociale généralisée), dont le taux varie largement : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % en fonction du fameux RFR et du quotient familial.
- La CRDS (0,5 %).
- Et, parfois, la Casa (0,3 %).
Au total :
- Un taux global d’environ 4,3 % pour une CSG à 3,8 %.
- 7,4 % si la CSG passe à 6,6 %.
- Et… 9,1 % pour les pensions taxées à 8,3 %.
En 2026, un retraité célibataire dépasse le seuil critique du RFR à 26 471 €. Son RFR, avec une pension de 36 000 €, atteint 32 400 €. Résultat : 9,1 % de ponction sociale, soit près de 3 300 € par an. Pourtant, un retraité à 18 000 € par an (RFR de 16 200 €) se contente de la CSG à 3,8 %, donc 770 € par an. Deux pensions de 18 000 € paient collectivement ~1 550 € de prélèvements sociaux : même brut, prélèvements divisés par deux !
Deux foyers fiscaux : la clé du différentiel
Pourquoi, alors, tous les couples n’en profitent-ils pas ? Tout dépend du foyer fiscal ! Les heureux élus ? Les concubins déclarant séparément.
- Chacun a sa déclaration, sa part, son propre calcul de RFR et sa propre tranche de CSG.
- Avec deux pensions à 1 500 €, ils restent en zone « douce » (11 % d’impôt, 3,8 % CSG).
- Le retraité isolé, lui, reçoit l’intégralité sur sa tête : 30 % d’impôt, 8,3 % de CSG. Le choc.
Mais pour un couple marié ou pacsé, tout change. Le foyer fiscal s’unit, additionne les revenus. Le quotient familial lisse déjà le revenu, le barème de CSG pour couple place quasi immanquablement le foyer dans la même tranche intermédiaire, que les 36 000 € soient versés à deux ou à un seul. Bref, plus d’avantage. Le « secret » n’opère vraiment qu’avec deux foyers fiscaux distincts, en naviguant habilement au-dessous des seuils cruciaux du RFR.
En résumé : même somme au départ, mais tout jeu de seuils et de parts peut transformer un impôt salé en contribution beaucoup plus douce. Quand la fiscalité devient un art… et parfois un casse-tête ! Gardez l’œil sur le RFR et n’oubliez jamais que le couple, aussi romantique fut-il, se vit parfois aussi à deux… sur le plan fiscal.




