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Pontivy, escale de caractère sur le Blavet
Trois visages marqués par le soleil et la bonne humeur sous leurs chapeaux de paille : Patrick (71 ans), Daniel (83 ans) et Éric (68 ans) se retrouvent pour une escale de quelques jours à Pontivy, dans le Morbihan. Autour de leurs embarcations, amarrées quai fluvial de la rue de la Fontaine, ils partagent non seulement une passion pour la navigation, mais aussi la saveur toute particulière des retraités qui savourent chaque instant.
Loin de l’époque faste des bateliers, la magie du canal opère toujours. Patrick, jadis fabricant de vélos à Nantes et pêcheur sur sa modeste barque en bois de l’Erdre, a depuis grimpé les échelons du matos flottant : Seaboard à cabine, puis voilier Kerlouan « pas pour la voile, mais parce que c’était plus habitable, avec une table et un lit » (le sens pratique, toujours !), puis Alba 25 norvégien, avant d’opter pour une vedette Riviera de 9,20 m – équipée, désormais, de panneaux solaires. Grand luxe pour ce célibataire endurci qui navigue avec Victor, son cinquième chien, fidèle compagnon de banquette et de biefs tranquilles.
Rohan : port d’attache et étapes conviviales
Les canaux bretons, ce sont aussi des histoires d’amitiés et de retrouvailles. Patrick n’est pas seul à profiter de la vie fluviale : sur le site de Boju à Gueltas, il retrouve une dizaine de membres de l’Association nationale des plaisanciers en eaux intérieures. Cerise sur le gâteau, ou plutôt bolée sur la table : la maire Sylvette les rejoint pour trinquer, lors d’un moment convivial au parc des jeux bretons de Saint-Gonnery. À chacun sa pause sur le parcours, que ce soit pour une balade à vélo, dodo improvisé, ou jolie tablée… La navigation en Bretagne, c’est surtout prendre le temps de vivre et d’apprécier la compagnie des autres.
Le 12 juillet, ils font étape à Pontivy ; le 17, Patrick largue à nouveau les amarres, prêt à descendre le Blavet jusqu’à l’écluse du Gohazé, dîner à la crêperie de Saint-Nicolas-des-Eaux, puis cap tout doux vers Hennebont, avec au passage un bon moules-frites à la guinguette. Le programme a de quoi faire pâlir n’importe quel club de vacances !
La Vilaine et le canal, terrain de jeu d’Éric
Amarré quelques mètres plus haut, Éric (bientôt 68 ans) fait figure de Corse de la plaisance fluviale : tombé dedans par hasard alors qu’il n’était encore qu’un chauffeur grutier, il s’est laissé contaminer par le « virus » dès sa première traversée pour convoyer un bateau de Pontivy à Rohan, dans les années 90. Quelques années plus tard, il s’offre Cassiopée, un Jeannot de 11,30 m avec deux chambres, salle de bain (douche incluse) et cuisine. Rien ne manque !
L’hiver, il reste au port de Rohan, cigares à portée de main. Dès les beaux jours, direction canal, Blavet, Vilaine, et découverte de coins sympas – comme récemment du côté des étangs du Roz. Avec Patrick, avant de descendre le Blavet, ils jouent les ornithologues amateurs : martins-pêcheurs, hérons, poules d’eau, canards, cigognes… et cette nature bretonne qui évolue au fil des saisons.
Des plaisirs simples, mais quelques défis à relever
Tous trois partagent aussi une observation : la navigation fluviale, autrefois florissante, se raréfie. Moins de plaisanciers, le Blavet certes plus propre, mais le canal encombré de bancs de vase et de plantes invasives. « Nous, on est habitués, il faut juste y aller doucement et bien rester au milieu du cours d’eau… au point mort lorsqu’on croise un autre bateau », souffle Patrick. La solidarité et la patience, clés de la navigation tranquille.
Pour conclure, la Bretagne des canaux, loin de se résumer à une carte postale, est le théâtre parfait pour une retraite active, amicale et déconnectée. Un dernier conseil pour les aspirants plaisanciers ? Attrapez un chapeau, prenez le large, et laissez-vous porter par le courant : après 60 ans, la vraie vie commence peut-être justement ici !




