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24 septembre 2026Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, la réglementation applicable aux demandeurs d’emploi âgés a changé de visage. La réforme 2025 de l’assurance chômage décale les seuils d’âge, modifie la durée d’indemnisation et revoit le maintien des droits jusqu’à la retraite. Voici ce que cette nouvelle loi pour les seniors au chômage modifie concrètement, et ce qu’il faut vérifier si vous êtes concerné.
Les changements concrets depuis le 1er avril 2025
La réforme du 15 novembre 2024, entrée en application le 1ᵉʳ avril 2025, ajuste les règles de l’assurance chômage au report de l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Toutes les bornes d’âge donnant accès à des règles spécifiques pour les seniors ont été décalées de deux ans. Concrètement, ce qui était accessible dès 53 ans ouvre désormais droit à ces dispositifs à partir de 55 ans seulement.
Relèvement de l’âge minimum à 55 ans
L’âge minimum pour bénéficier d’une durée d’indemnisation allongée passe de 53 à 55 ans. De la même façon, l’âge à partir duquel un demandeur d’emploi peut prétendre au maintien de ses droits jusqu’à la retraite recule de deux ans. Ce relèvement touche directement les personnes de 55 ans et plus qui perdent leur emploi, une population déjà fragilisée sur le marché du travail.
Fin de la dégressivité de l’allocation
Autre nouveauté : la dégressivité de l’allocation, qui réduisait le montant de l’ARE après un certain nombre de mois pour les hauts revenus, ne s’applique plus aux seniors dans les mêmes conditions qu’avant. Les seuils d’exemption ont eux aussi été relevés en cohérence avec le nouvel âge pivot de 55 ans, ce qui protège une partie des allocataires seniors d’une baisse automatique de leurs allocations.
Durée d’indemnisation selon l’âge en 2026
La durée d’indemnisation dépend désormais d’un barème précis, construit autour de trois tranches d’âge. Plus le demandeur d’emploi est âgé au moment de la rupture de son contrat, plus la durée potentielle d’indemnisation s’allonge, sous réserve d’une durée d’indemnisation suffisante en trimestres cotisés.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 18 mois |
| De 53 à 54 ans | 22,5 mois |
| 55 ans et plus | 27 mois |
Ce tableau illustre bien l’écart créé par la réforme : les seniors de 55 ans et plus conservent une durée d’indemnisation nettement supérieure à celle des autres tranches d’âge, condition indispensable pour tenir jusqu’à une retraite à taux plein.
Maintien des droits chômage jusqu’à la retraite
Le maintien des droits, souvent appelé disposition de maintien jusqu’à la retraite, permet à un senior en fin de droits de continuer à percevoir son allocation au-delà de la durée normale, jusqu’à ce qu’il puisse liquider sa pension. Ce mécanisme reste l’un des piliers protecteurs de l’assurance chômage pour cette population.
Conditions d’âge et de trimestres requis
Pour en bénéficier, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies. Il faut avoir atteint l’âge minimum requis (désormais aligné sur les nouveaux seuils), justifier d’une durée d’affiliation d’au moins 12 ans à l’assurance chômage, dont une partie au cours des cinq dernières années, et surtout réunir le nombre de trimestres nécessaires pour prétendre à une retraite à taux plein. À défaut de réunir ces trimestres, le demandeur d’emploi bascule en fin de droits, ce qui peut ouvrir l’accès à l’allocation de solidarité spécifique (ASS) sous conditions de ressources.
Les trois conditions à vérifier avant tout
Pour espérer le maintien des droits jusqu’à la retraite, il faut réunir simultanément : l’âge minimum requis au moment de la fin de droits, au moins 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage, et le nombre de trimestres suffisant pour une retraite à taux plein. Un seul critère manquant suffit à faire basculer le dossier vers un autre régime.
Le bonus emploi senior : comment en bénéficier
Face au taux d’emploi des seniors jugé insuffisant, la réforme introduit un dispositif incitatif à l’embauche baptisé bonus emploi senior. Il s’agit d’une aide financière versée aux employeurs qui recrutent un demandeur d’emploi senior en CDI senior, un contrat spécifique pensé pour faciliter le retour à l’activité des travailleurs de plus de 60 ans. L’objectif affiché est double : réduire la durée passée au chômage par cette tranche d’âge et limiter le coût de l’indemnisation pour l’Unédic, qui vise des économies de 2,3 à 3,6 milliards d’euros sur quatre ans grâce à l’ensemble de la réforme.
Concrètement, le CDI senior permet à un employeur de bénéficier d’exonérations de cotisations sur une période définie, en échange de l’embauche d’un demandeur d’emploi âgé de 60 ans ou plus. Ce contrat reste distinct d’un CDI classique par ses modalités de rupture et sa durée d’application limitée dans le temps, ce qui en fait un outil transitoire plutôt qu’un dispositif pérenne.
Vos démarches concrètes si vous êtes concerné
Si vous approchez de 55 ans et que vous perdez votre emploi, la première étape consiste à vérifier votre relevé de carrière pour connaître précisément le nombre de trimestres déjà validés. Cette information conditionne directement votre éligibilité au maintien des droits et au calcul de votre retraite à taux plein.
Ensuite, l’inscription à Pôle emploi (devenu France Travail) reste obligatoire pour ouvrir vos droits à l’ARE. Le calcul ARE repose sur votre salaire journalier de référence (SJR), calculé à partir des rémunérations perçues durant les 24 derniers mois travaillés. Une fois inscrit, la déclaration mensuelle de situation demeure indispensable pour continuer à percevoir vos allocations sans interruption.
Concernant la dispense de recherche d’emploi, elle a été supprimée depuis plusieurs années déjà, y compris pour les seniors. Tout demandeur d’emploi, quel que soit son âge, reste donc tenu d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi, sauf s’il bénéficie d’une dispense ponctuelle liée à un contexte particulier (formation, problème de santé reconnu).
Enfin, pour ceux qui approchent de l’âge de la retraite tout en étant encore indemnisés, le cumul chômage retraite obéit à des règles strictes : il n’est pas possible de percevoir simultanément une pension de retraite à taux plein et l’ARE. En revanche, une retraite progressive peut, dans certains cas spécifiques, se combiner partiellement avec un reliquat de droits au chômage. Ces situations méritent un examen individuel auprès de votre conseiller France Travail avant toute décision de liquidation de vos droits.
